Arbrealettres

Poésie

Ni vas spirituale, ni même rosa mystica (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Hommage aux anges
[42]

D’aucuns nomment cette cloche tellement profonde
Zadkiel, la droiture de Dieu,

il est régent de Jupiter
ou Zeus-pater ou Theus-pater,

Theus, Dieu ; Dieu-le-père, père-dieu
ou l’Ange parrain,

lui-même, paradis et pourtant chez lui dans une étoile
dont la couleur est l’améthyste,

dont la bougie brûle violet-profond
avec les autres.

[43]

Et le point du spectre
où toutes les lumières sont une,

Est blanc et blanc n’est pas non-couleur,
comme on nous l’a appris à l’enfance,

mais toute-couleur ;
où les flammes s’entremêlent

et les ailes se touchent, quand nous atteignons
l’arc de la perfection,

nous sommes satisfaits, nous sommes heureux,
nous recommençons ;

Moi Jean, vis. Je testifie
des plumes arc-en-ciel, de l’étendue des cieux

et des murs de couleur,
des colonnades de jaspe ;

mais quand le joyau
fond dans le creuset

nous ne trouvons ni cendre, ni cendre-de-rose,
ni un haut vase et bâton de lis,

ni vas spirituale,
ni même rosa mystica,

mais un amas d’oeillets mignardise
ou un visage pareil à une rose de Noël.

C’est la floraison de la croix,
c’est la floraison du bois calciné,

où Zadkiel, nous nous figeons pour rendre grâce
d’être une fois encore sortis de la mort et de vivre.

***

Some call that deep-deep bell
Zadkiel, the righteousness of God,

he is regent of Jupiter
or Zeus-pater or Theus-pater,

Theus, God; God-the-father, father-god
or the Angel god-father,

himself, heaven yet at home in a star
whose colour is amethyst,

whose candle burns deep-violet
with the others.

And the point in the spectrum
where all lights become one,

is white and white is not no-colour,
as we were told as children,

but all-colour;
where the flames mingle

and the wings meet, when we gain
the arc of perfection,

we are satisfied, we are happy,
we begin again ;

I John saw. I testify
to rainbow feathers, to the span of heaven

and walls of colour,
the colonnades of jasper;

but when the jewel
melts in the crucible,

we find not ashes, not ash-of-rose,
not a tall vase and astaffof lilies,

not vas spirituale,
not rosa mystica even,

but a cluster of garden-pinks
or a face like a Christmas-rose.

This is the flowering of the rod,
this is the flowering of the burnt-out wood,

where, Zadkiel, we pause to give
thanks that we rise again from death and live.

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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