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Poésie

Archive for 11 juin 2018

Menu débris métaphysique (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Francisco Goya
    
Menu débris métaphysique

Alors qu’il se promenait
clans un paisible paysage,
il crut voir dans un buisson
le mufle noir du néant.

Il s’arrêta frissonnant.
Le jour s’était assombri.

Et soudain le ciel ouvrit
une gigantesque gueule
et, d’un coup, lе dévora
ne laissant ni cendres ni âme.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Attirance compulsive (Sarah Kéryna)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
Attirance compulsive pour les bibliothèques.
Lectures intensives.
Je ne retiens jamais les titres.
Je ne pourrai jamais tout lire.
Si un livre était fait pour moi, que je ne l’ouvrais jamais ;
Si je passais à côté pour toujours ?

(Sarah Kéryna)

 

Recueil: rappel
Traduction:
Editions: Le Bleu du Ciel

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Châtelaine (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Châtelaine

Châtelaine, mon beau vouloir…
Car tu te prétendais maîtresse
D’un domaine d’ombre et de pierre
Où ton corps était l’eau dormante,
Au pied des tours, au creux des ombres,
Beau châle vif à tes épaules
Où s’épingle en rêvant l’éclair bleu des vipères.

Châtelaine, mon beau savoir…
Cartes mêlées, chemins perdus,
Pas des oiseaux sur cette vase
Comme un appel depuis longtemps jeté
Qu’un inlassable écho porte de monde en monde.

Châtelaine, mon beau mourir…
Puisque n’entre plus que blеsséе
La voix des filles du soleil
Dans la prison que tu me tresses.

Je te parle dans ce château
D’ombre et de pierre, je te parle,
Surpris de guetter sur les dalles
Le pas calme et troublant de tes servantes nues.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Je me suis vêtu de blanc comme on chante… (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



    

Je me suis vêtu de blanc comme on chante…

Femme nue, femme masquée,
Perle folle ou fruit de l’ombre,
A chacune j’ai consacré
L’antique bijou qui la brûle.

L’ombre d’une aile sur la gorge.
L’ombre d’un bec au creux du ventre.
Le cri du coq à la dormeuse
Éblouie de sa propre chair;

Un loup de cerne à l’innocence,
Jusqu’aux cuisses des bas de boue,
A l’infante un éclat de nuit
Léché de langues amoureuses;

Une vipère au ventre ému,
A la rêveuse une morsure,
Une griffe à la désireuse,
Une corde à la désirée,
Aux mains perdues la sanguinaire
Qui fleurit aux jardins mortels.

Fille masquée, femme de fer,
Soeurs captives de vos richesses,
À votre feu noir je préfère
La nudité pour mes princesses.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Douze chats et un poète (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
Douze chats et un poète

Soleil couchant
Les chats dorment sur le pré
comme s’ils étaient immortels.

Il n’a donné au chat
que le bout de sa queue,
le lézard.

Sous le cyprès,
fouillis de plumes:
le chat, la tourterelle.

Premier avril.
A la queue du chat
un poisson d’argent.

l’entrée du cimetière
assis sur la première tombe
un chat noir me regarde.

Ne serait-il pas un fantôme
ce hérisson qui, chaque nuit,
vient boire le lait du chat?

Chaque matin, il sort du bois
ce chat noir au poil luisant
et se frotte contre mes jambes.

Elle a dormi toute la nuit
sur mes pieds
la chatte noire.

Au milieu de la nuit,
derrière ma fenêtre,
un chat inconnu me regarde.

Le chat bondit.
Sur le pavé
l’oiseau en croix.

Cette nuit, à nouveau,
un chat fantôme
derrière la vitre.

Devenir un chat, cerise ou merle,
dormir d’un oeil, faire noyau,
siffler.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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On frappe aux portes (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Alex Nabaum
    
On frappe aux portes que l’on connaît.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHANSON POUR RIRE A DEUX (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



    

CHANSON POUR RIRE A DEUX

Le rire est dans l’eau. Sais-tu ce qu’il fait?
Il fait rire l’eau.

Il tient à être propre pour humilier les rires malheureux
qui n’ont ni savon ni eau mais des poux dans les cheveux.

Le rire est tout blanc.
On dirait un crabe apprivoisé.

Il fait un signe de la tête
— cela signifie, je crois, «Bonjour ».

Il me fait signe de la main
— cela veut dire, je crois, «Adieu ».

Il essaie de me fermer les yeux parce qu’il est pudique.
Ce n’est pas moi qui contrarierai le rire.

Il a bien failli, une fois,
se noyer.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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REBÂTISSONS (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
REBÂTISSONS

Il suffit qu’un enfant de cinq ans, en sa blouse bleu pâle,
dessinât sur un album, pour qu’une porte s’ouvrit dans la lumière,
pour que le château se rebâtit et que l’ocre de la colline se couvrit de fleurs.

(Max Jacob)

 

Recueil: Derniers poèmes en vers et en prose
Traduction:
Editions: Gallimard

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La libellule (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
La libellule est un trait bleu
qui souligne la chaleur du midi.

(Max Jacob)

 

Recueil: Derniers poèmes en vers et en prose
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rien n’est plus réel (Démocrite d’Abdère)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
Rien n’est plus réel que le rien.

(Démocrite d’Abdère)

 

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