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Poésie

Archive for 12 juin 2018

Le Matin (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



 

Illustration: Marc Chagall 
    
Le Matin

Cri du coq
Chant du cygne de la nuit
Monocorde et fastidieux message
Qui me crie
Aujourd’hui ça recommence
Aujourd’hui encore aujourd’hui
Je n’entends pas ta romance
Et je fais la sourde oreille
Et je n’écoute pas ton cri
Pourtant je me lève de bonheur
Presque tous les jours de ma vie
Et j’égorge en plein soleil
Les plus beaux rêves de mes nuits.

(Jacques Prévert)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Histoires
Traduction:
Editions: Folio
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Les prodiges de la liberté (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    
Les prodiges de la liberté

Entre les dents d’un piège
La patte d’renard blanc
Et du sang sur la neige
Le sang du renard blanc
Et des traces sur la neige
Les traces du renard blanc
Qui s’enfuit sur trois pattes
Dans le soleil couchant
Avec entre les dents
Un lièvre encore vivant.

(Jacques Prévert)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Histoires
Traduction:
Editions: Folio

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DEUX HEXAMÈTRES (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    
DEUX HEXAMÈTRES

Être honnête, à quoi bon, Si de toute façon
un cercueil nous attend !
Malhonnête ? A quoi bon, si de toute façon
un cercueil nous attend !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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АU SECOURS ! (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Illustration
    
АU SECOURS !

Ah, aimez-moi farouchement,
Chassez de moi le long tourment !
Singe en mon crâne en feu je glisse,
Cognant ma cage, hanté, dément,
Et je veux mordre et ma voix crisse…
Je ne crois plus, c’est mon supplice :
J’ai peur, j’ai peur du châtiment!

Oh ! mortel, comprends-tu mon chant,
Ou n’est-il qu’un écho changeant,
Forêt qui vaguement murmure ?
Enlace-moi, quitte l’aimant
Du poignard à la lame sûre.
Plus de sauveur qui me rassure :
J’ai peur, j’ai peur du châtiment !

Radeau sur le fleuve flottant,
Flotteur amer sur le courant,
Ma race d’homme va, meurtrie,
Dans la douleur se consumant.
Garde-moi, préviens ma furie,
Aimez-moi ! Je pleure et je crie :
J’ai peur, j’ai peur du châtiment !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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PRENDS TON ENVOL, POÈMЕ… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



    

PRENDS TON ENVOL, POÈMЕ…

Prends ton envol et dis, poème,
A chaque homme séparément,
Que nous vivons, espérons même;
Que l’instant peut saisir le temps.

Paix au riche à la petite âme:
Dans la peur la grâce l’attend.
L’amour, la liberté réclament
La source simple, non le sang.

Gueule de veau mélancolique,
Parle aux pauvres traîne-sabots,
Dis-leur : quand toute chance abdique,
Rien ne sert d’être un héros.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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FLÓRA (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    

FLÓRA (1)
« Hexamètres»

Croulent les tas de vieille neige,
le zinc de la gouttière fuit,
Fondent les blocs de gel noircis
que le jus de l’hiver délave
Avant de gonfler d’abondance
le gargouillis des caniveaux.
En-allés les jours si légers,
ah, le pauvre azur en frissonne !
Mais déjà un rouge désir
vers l’aube lance sa chemise :
Vois combien je t’aime, inquiet
de cet éveil, ô ma Flóra !
Ô ravissant dégel, tu as
arraché le deuil de mon coeur
Comme on libère du bandage
la plaie, et je prends mon essor !
Mе revient le flux de ton nom
tout de beauté, tout de douceur,
et je tremble songeant aux jours
d’hier, à ma vie loin de toi !

2
Mystères

Quand les mystères résonnent,
je suis au guet, mon amour.
Ma fidélité est comme
un carcan pour mon corps gourd.

Tu rougiras, comprenant
ce que ronde et le vent disent :
oeil et coeur… mes postulants
pour ta dévotion acquise…

Moi aussi, j’écris mon chant :
Si je t’aime, mon amour,
fais de même en allégeant
cet attachement si lourd !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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JE NE VEUX QU’UN LECTEUR… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Attila József
    
JE NE VEUX QU’UN LECTEUR…

Je ne veux qu’un lecteur pour mes poèmes :
Celui qui me connaît — celui qui m’aime —
Et, comme moi dans le vide voguant,
Voit l’avenir inscrit dans le présent.

Car lui seul a pu, toute patience,
Donner une forme humaine au silence;
Car en lui seul on peut voir comme en moi
S’attarder tigre et gazelle à la fois.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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JE ME DESSÉCHÉ, INERTE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    
JE ME DESSÉCHÉ, INERTE,
et commence à vieillir;
sur la terre déserte
je reste sans dormir.

Les sèves de la vie
délaissent mes artères,
ne donnant plus d’envie
qu’à ma tristesse amère.

Ma vue faiblit, mes yeux
sont cernés de fossés;
s’étend la taie sur eux
d’un vieux sage blessé.

Me font tourner sans trêve
les clowns de la mémoire
et puis rejouent en rêve
mon passé dérisoire.

Ce chagrin est de plomb.
Pour mon cerveau, quel poids !
Rajeunis-moi ! … Pardon,
bel amour de Flóra !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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CONTRE TON SEIN… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Illustration
    
CONTRE TON SEIN…

Contre ton sein oublie un jour de me serrer,
Moi qui suis à toi tellement !. . .
Aussitôt les voleurs me viendront enlever
Et toi qui rêvais, l’air content,
Tu t’effondreras en pleurs sur ce canapé.
Songeant au fol orphelin si loin échappé.

Si à chaque instant tu ne me câlines pas,
Criant : être à toi quel bonheur ! …
A ton ombre voûtée un jour tu confieras :
Mе voilà seule avec ma peur.
Alors pour ton amour nul fil ne filera:
Un faux-fil aura fait pour toujours ton malheur.

Si tu ne m’étreins pas, si tu ne me dévores,
Mе battront les arbres, les eaux,
Les montagnes. C’est en enfant que je t’adore.
Comme lui je suis ton bourreau,
Et ce palais où tu te baignes dans l’aurore
Je viendrai l’obscurcir, ce sera mon tombeau…

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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L’OMBRE S’ALLONGE… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
L’OMBRE S’ALLONGE…

L’ombre s’allonge, on voit au ciel
les étoiles qui étincellent;
déjà brûlent leurs hautes flammes,
et selon l’ordre intransigeant
tourne, comme astre au firmament,
ton manque dans mon âme.

La nuit, telle une mer qui râle
sa passion d’hydre végétale,
m’étouffe en ses relents odieux.
Viens, jette au fond de ces abysses
le filet de désir et hisse :
hisse-moi vers tes yeux !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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