Arbrealettres

Poésie

LES ADIEUX D’UNE FEMME DOUCE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Edvard Munch
    
LES ADIEUX D’UNE FEMME DOUCE

Par les champs onduleux aux subtiles senteurs
Emportant ses baisers, derviche, en terre nue,
Sage et triste fakir ta femme est devenue,
Foulant la violette et n’offrant plus de fleurs !

Que n’es-tu sous mes yeux ombre fière et brillante
Suivant ma trace douce et pleine de gaîté…
Le ciel brun s’est défait de son azur d’été
Et fantôme, à présent, ton éclat se lamente.

Autant que l’infini je suis calme pourtant;
Comme la feuille aussi sur la mer qui respire.
Je veux aborder l’homme en sachant lui sourire,
Mais nul à mes côtés ne peut être présent.

Oui, les murs de ma vie ont pleuré de tristesse
Sans avoir épousé le soleil plein d’ardeur.
Mais je ne pleurai pas quand m’atteignit au coeur
L’adieu que je dus faire à tout ce que je laisse.

Comme un parfum, qu’il soit léger, mon souvenir
Vers le ciel envolé. Pour toujours, qu’il s’y pose.
Maint bûcher de mon coeur éclose comme rose !
Et fume mon amour, dont j’eus tant à souffrir.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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