Arbrealettres

Poésie

365 HEURES (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



 

365 HEURES

Jours blancs jours de peine
jours de laine moutons
que l’on pousse et que l’on tond.
troupeaux de jours sans haleine

Jours longs comme les cheveux
blancs comme la neige et le feu
cendres et fumées et cendres
escalier qu’il faut descendre

Petits vieux en robe de peine
jours creux comme assiettes vides
quand la faim mord et morfond
vieilles journées et feuilles mortes

La vie passe comme un véhicule
devant les fenêtres fermées
et nous seront bien ridicules
devant nos miroirs brisés

Rions puisque vous demandez
que les jours soient des souvenirs
quand on a perdu la mémoire
et qu’il faut rire et qu’il faut vivre

(Philippe Soupault)

Illustration: Lucian Freud

 

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