Arbrealettres

Poésie

Ces mots rentrés qui m’étouffaient (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration: Guy Baron
    
Ces mots rentrés qui m’étouffaient
Personne à qui parler
Personne à qui me confier

Hébété de souffrance et de solitude
j’allais me poster sur ce chemin
qui longe le parc où s’élève
l’imposante demeure du couple
qui t’avait adoptée
Tu lisais te baignais jouais au tennis
et je te guettais à travers les arbres
Je t’ai aimée avec la fureur
de mes quinze ans
Mais en raison du secret
un mur s’était érigé dans ma tête
et je n’ai pu le défoncer
Aller à toi
m’était interdit

Tu n’as jamais rien su de cet amour
coupable Rien su de ce qui m’a
dévasté Rien su de cet été noir
de cette fournaise de ces jours
où j’ai failli m’effondrer

J’ignorais que je voyais en toi
celle que je n’ai pas connue
et que je n’ai cessé de chercher

Reviennent sans fin les mornes
journées torrides de cet été noir

Tu es partie
et tu n’as rien su

Inconsolé
Inconsolable

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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