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Poésie

Archive for 24 juin 2018

Tout ce bleu (Lise Cassin)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Pour un ciel habillé de mousseline hortensia
Concerto d’une fugue de Loire « Outremer »
Céramique indigo enchâssée dans l’or des sables.

Comme une coulée d’encre,
le toit d’ardoise
s’égoutte vers les fenêtres aux transparences de jade.

La glycine enlace la maison de granit.
Une fille en jupe pervenche a traversé le pont.
La lumière estompe la flamme de ses jambes.

Le vent fait vivre sur ta peau, la soie marine
de ta chemise.
Mais, tes yeux d’océan gardent leur mystère.

Parfum des lavandes…
J’ai le cœur « ébleui »

(Lise Cassin)

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On a frappé (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



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On a frappé,
Le vent en personne
Apporte le sel.
Vous trouverez bien une place
Dans l’armoire
Entre le sachet de lavande
Et l’espoir
Pour ne pas crier.

(Jean Malrieu)

 

 

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Finalement j’ai toujours erré (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Finalement j’ai toujours erré de terre en terre
de maison en maison
de moi en moi
fidèle au même ciel
où je vais dessinant une constellation
pour qu’elle projette
et réunisse les folles étincelles de mon feu vagabond

***

Afinal sempre andei de terra
em terra
de casa em casa
de mim em mim
fiel ao mesmo céu
em que vou desenhando uma constelaçao qualquer
que projecte
e reùnas as soltas faùlhas do meu vagabundo fogo.

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

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C’était la caresse éolienne (Guy Boucher)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



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C’était la caresse éolienne
De la lavande et du jasmin
Quand je buvais à la fontaine
Au coquillage de ta main.

(Guy Boucher)

 

 

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LE BASILIC (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



LE BASILIC

Et la fermière aux mains de sel, dès l’aube
S’avance dans la cour, lavande et basilic
Au poing, parmi les poules noires
Baignant dans une aurore d’églantine…

Le monde est un feu de copeaux légers,
On dirait qu’un champagne éblouissant arrose
Les genêts d’or de la poitrine incandescente,
Et je vois dans le soleil bleu ce boulanger
Qui va sur les chemins de seigle et de farine
Vers la ferme lointaine où l’amour lui fait signe.

(Jean-Pierre Schlunegger)

Illustration

 

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Elle est elle (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



 

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Elle est elle

Elle est docile
Elle est rebelle
Elle est changeante
Et éternelle
Elle est blue-jean
Elle est dentelle
Elle est vestale
Elle est charnelle

Elle est, elle est, elle est, elle est, elle est {x4}

Elle est gamine
Elle est femelle
Elle est fugace
Elle est fidèle
Elle est Mozart
Elle est Ravel
Elle est passion
Elle est pastel

Elle est, elle est, elle est, elle est, elle est {x4}

Elle est jadis, elle est futur
Elle est le havre et l´aventure
Elle est le musc et la lavande
Elle est l´Espagne, elle est l´Irlande

Elle est consonne
Elle est voyelle
Elle est l´orage
Et l´arc-en-ciel
Elle est guitare
Et violoncelle
Elle est tigresse
Elle est gazelle

Elle est, elle est, elle est, elle est, elle est {x4}

Elle est jadis, elle est futur
Elle est le havre et l´aventure
Elle est le musc et la lavande
Elle est l´Espagne, elle est l´Irlande

Elle est piment
Elle est cannelle
Elle est la poudre
Et l´étincelle
Elle est docile
Elle est rebelle
Elle est changeante
Et éternelle

Elle est, elle est, elle est, elle est, elle est {x4}

(Georges Moustaki)

Illustration: François Lassere

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Amour, amour (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Amour, amour, à la tour du ciel les nuages
montèrent telles de triomphantes lavandières,
et tout brida en bleu d’azur, tout fut étoile :
la mer, la nef, le jour s’exilèrent ensemble.

Viens voir les cerisiers dans leur eau constellée
viens voir la ronde clef de l’univers rapide,
viens toucher le feu de l’azur instantané,
viens avant que ses pétales soient consumés.

Il n’est ici que lumière, quantités, grappes,
il n’est qu’espace ouvert par les vertus du vent
jusqu’à livrer les derniers secrets de l’écume.

Et parmi tant de bleus célestes, submergés,
nos yeux se sont perdus, ils devinent à peine
les puissances de l’air et les clefs de la mer.

***

Amor, amor, las nubes a la torre del cielo
subieron como triunfantes lavanderas,
y todo ardió en azul, todo fue estrella :
el mar, la nave, el día se desterraron juntos.

Ven a ver los cerezos del agua constelada
yla clave redonda del rápido universo,
ven a tocar el fuego del azul instantáneo,
ven antes de que sus pétalos se consuman.

No hay aquí sino luz, cantidades, racimos,
espacio abierto por las virtudes del viento
hasta entregar los últimos secretos de la espuma.

Y entretantos azules celestes, sumergidos,
se pierden nuestros ojos adivinando apenas
los poderes del aire, las llaves submarinas.

(Pablo Neruda)

Illustration: Rafal Olbinski

 

 

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Psyché (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Psyché

Psyché, ma soeur, écoute immobile, et frissonne…
Le bonheur vient, nous touche et nous parle à genoux
Pressons nos mains. Sois grave. Écoute encor…Personne
N’est plus heureux ce soir, n’est plus divin que nous.

Une immense tendresse attire à travers l’ombre
Nos yeux presque fermés. Que reste-t-il encor
Du baiser qui s’apaise et du soupir qui sombre?
La vie a retourné notre sablier d’or.

C’est notre heure éternelle, éternellement grande,
L’heure qui va survivre à l’éphémère amour
Comme un voile embaumé de rose et de lavande
Conserve après cent ans la jeunesse d’un jour.

Plus tard, ô ma beauté, quand des nuits étrangères
Auront passé sur vous qui ne m’attendrez plus,
Quand d’autres, s’il se peut, amie aux mains légères,
Jaloux de mon prénom, toucheront vos pieds nus,

Rappelez-vous qu’un soir nous vécûmes ensemble
L’heure unique où les dieux accordent, un instant,
À la tête qui penche,à l’épaule qui tremble,
L’esprit pur de la vie en fuite avec le temps.

Rappelez-vous qu’un soir, couchés sur notre couche,
En caressant nos doigts frémissants de s’unir,
Nous avons échangé de la bouche à la bouche
La perle impérissable où dort le Souvenir.

(Pierre Louÿs)

Illustration: François Gérard

 

 

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Il n’y a plus d’amandes (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



 

Il n’y a plus d’amandes

Il n´y a plus d´amandes :
Les écureuils ont tout mangé
Et les oiseaux ont ravagé
Les vignes qui s´étendent
Jusqu´au prochain verger.
Le foin sent la lavande,
Ta gorge chaude l´oranger.
Mes lèvres vont se mélanger
A tes lèvres gourmandes.
Rien ne viendra nous déranger.

Le vieux moulin à vent
Ne battra plus des ailes.
Le seau rouillé sur sa margelle
Ne grincera plus comme avant.
Les écureuils au coin du feu s´endorment.
Viens, faisons comme eux.

Je te fais une guirlande
De fleurs des champs, de fleurs des prés,
Et nos deux corps sont bien trop près
Et notre faim si grande.
Ne nous faisons plus désirer.
Il n´y a plus d´amandes :
Les écureuils ont tout mangé

Mais j´en aurai en contrebande
Pour t´y faire goûter
Sans attendre l´été.

(Georges Moustaki)

Illustration: William Bouguereau

 

 

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Révolte (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Révolte

Le site est d’une beauté surprenante
et j’en exalte à la fois l’aspect sauvage et l’abord délicat
Je contemple des barques
dans tous les ports de la côte
et je vois l’île se détacher
pour disparaître à l’horizon
sur une mer
qui répudie le rivage

Captif je brise les chaînes
et sur les murailles je griffonne ton nom
et je tague les pierres
pour y inscrire mes révoltes

Sur la pointe extrême qui vacille
je revois
tout proche
l’horizon sur la ligne des ténèbres
Sur une terre s’épanouit la récolte
qu’élabore
la circulation de la sève
et sur un ciel de lavande
j’émascule le soleil
et châtre tous les astres
pour qu’ils ne se reproduisent

Je tends les bras pour me guider dans le vide
Je n’effacerai rien
et lancerai un cri dans le silence

Mon corps palpite
et mon cœur bourdonne
tandis que l’eau s’agite
pour franchir la torpeur des villages
où la kermesse bat son plein

Avec la saison qui déborde d’allégresse
et la période qui s’achève
il est grand temps
que je dévore à pleine dents
la portion de nourriture
qui m’est concédée
par la sollicitude des instances
qui se penchent sur ma sénilité future

(Jean-Baptiste Besnard)

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