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Poésie

Archive for 29 juin 2018

Dans le plus doux des emprisonnements (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Dans le plus doux des emprisonnements,
Ма chère entre toutes, mon âme est heureuse —
Tendres bras qui m’invitent à fléchir,
Qui m’invitent à cette détention.

Ah, puissent-ils toujours m’étreindre,
Heureux serais-je alors d’être ce prisonnier!
Chère entre toutes, à travers nos bras mêlés
Que l’amour fait trembler,

Cette nuit me charme où nulle crainte
Ne pourrait nous troubler;
Que le sommeil épouse le sommeil des rêves
Où l’âme avec l’âme se couche prisonnière.

***

Of that so sweet imprisonment
Му soul, dearest, is fain —
soft arms that woo me to relent
And woo me to detain.
Ah, could they ever hold me there
Gladly were I a prisoner!

Dearest, through interwoven arms
By love made tremulous,
That night allures me where alarms
Nowise may trouble us;
But sleep to dreamier sleep be wed
Where soul with soul lies prisoned.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Douce dame (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Douce dame, ne chante pas
Les tristes chants de la fin des amours ;
Laisse de côté la tristesse et chante
Qu’il en est assez de l’amour qui passe.

Chante le long et profond sommeil
Des amants qui sont morts, et comment
Dans la tombe tout amour dormira:
Amour est las maintenant.

***

Gentle lady, do not sing
Sad songs about the end of love;
Lay aside sadness and sing
How love that passes is enough.

Sing about the long deep sleep
Of lovers that are dead, and how
In the grave all love shall sleep:
Love is awеary now.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Légèrement viens (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Légèrement viens ou légère pars;
Bien que ton сoeuг présage ton malheur,
Les vallées et souvent un soleil vain,
Oréade, laisse courir ton rire,
Jusqu’à ce que l’air irrévérent des monts
Fasse onduler ta flottante chevelure.

Légère, légèrement — sois toujours :
Les nuages qui recouvrent les vallées,
Quand il est l’heure de l’étoile du soir,
Sont les suivants les plus humbles;
Amour et rire se confessent par un chant
Quand le coeur est plus lourd.

***

Lightly come or lightly go:
Though thy heart-presage thee woe,
Vales and many a wasted sun,
Oread, let thy laughter run,
Till the irreverent mountain air
Ripple all thy flying hair.

Lightly, lightly — ever so:
Clouds that wrap the vales below
At the hour of evenstar
Lowliest attendants are;
Love and laughter song-confessed
When the heart is heaviest.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Cher coeur, pourquoi me traites-tu ainsi ? (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




Illustration: Edvard Munch
    
Cher coeur, pourquoi me traites-tu ainsi ?
Chers yeux qui doucement me jugent
Toujours vous êtes beaux — mais ô,
Quel habit revêt votre beauté !

Par le clair miroir de tes yeux,
Par le doux soupir des baisers,
Les vents désolés assaillent de leurs cris
Le jardin ombragé où l’amour se trouve.

Et bientôt l’amour sera dissous,
Quand souffleront sur nous les vents sauvages —
Mais toi, cher amour, trop cher à mon coeur,
Hélas ! Pourquoi me traites-tu ainsi ?

***

Dear heart, why will-you use me so?
Dear eyes that gently me upbraid,
Still areyou beautiful— but O,
How is-your beauty raimented!

Through the clear mirror of your eyes,
Through the soft c y of kiss to kiss,
Desolate winds assail with cries
The shadowy-garden where love is.

And soon shall love dissolved be
When over us the wild winds blow —
Bu-tyou, dear love, too dear to me,
Alas! why will-you use me so?

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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La pluie est tombée tout le jour (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



    

La pluie est tombée tout le jour.
Ô viens parmi les arbres ployés :
Les feuilles gisent sur le chemin
Des souvenirs.

Nous attardant près du chemin
Des souvenirs nous devrons nous séparer.
Viens, ma bien-aimée, où je pourrai
À ton coeur parler.

***

Rain has fallen all the day.
O come among the laden trees:
The leaves lie thick upon the way
Of memories.

Staying a little by the way
Of memories shall we depart.
Come, my beloved, where I may
Speak to your heart.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Tout le jour (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



    

Tout le jour j’entends le bruit de l’eau
Gémissant,
Triste comme l’oiseau de mer, comme il va
Seul désormais,
Il entend les vents répondre aux eaux
Monotones.

Les vents gris, les vents froids soufflent
Où je vais,
J’entends le bruit des eaux nombreuses
Si profondes.
Tout le jour, toute la nuit, j’entends leurs flux
Qui vont et qui viennent.

***

All day I hear the noise of waters
Making moan,
Sad as the sea-bird is, when going
Forth alone,
He hears the winds cry to the waters’
Monotone.

The grey winds, the cold winds are blowing
Where Igo.
I hear the noise of many waters
Far below.
All day, all night, I hear them flowing
To and fro.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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REGARDANT LES ESQUIFS A SAN SABBA (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
REGARDANT LES ESQUIFS A SAN SABBA

J’entendis leurs jeunes coeurs crier
Vers l’amour au-delà des rames obliques
Et entendis les herbes de la prairie soupirant:
Jamais plus, ne revient jamais plus!

Ô coeurs, ô herbes soupirant,
Vainement vos bannerets éconduits se lamentent!
Jamais plus le vent sauvage passant
Ne revient, jamais plus ne revient.

***

WATCHING THE NEEDLEBOATS AT SAN SABBA

I heard their-young hearts sing
Loveward above the glancing oar
And heard the prairie grasses sighing:
No more, return no more!

O hearts, O sighing-grasses,
Vainly your loveblown bannerets mourn!
No more will the wild wind that passes
Return, no more return.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Je suis un messager (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




    
Je suis un messager
sans message
un chanteur ambulant
sans chanson

Je traîne ma nostalgie
de ville en ville
j’ai oublié
la nouvelle que j’apporte

Je ne sais pas chanter
je suis un messager
sans message
comme le vent

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un oiseau chante (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




    

Un oiseau chante
et sa chanson
est une boule transparente
où tournent
les couleurs
elle monte
de plus en plus haut
jusqu’à ce que l’oiseau s’aperçoive
qu’elle ne lui
appartient plus

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vienne quelqu’un (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Vienne quelqu’un
avec des mots
ronds et bien pesés
comme des pains

Il pourrait dire MATIN et SOIR
sans mentir

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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