Arbrealettres

Poésie

BALLADE DE LA CAMPAGNE-EXIL (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration: Muriel Henry
    
BALLADE DE LA CAMPAGNE-EXIL

Les paysans m’appellent par mon nom sur les routes,
comme ils reconnaissent une alouette d’une grive
mais ils connaissent mieux les noms des gibiers que le
mien car mon nom est Douleur.

Si ce que j’aime s’appesantit sur ma blessure, Il la gêne,
s’il ne s’appesantit que sur l’été, c’est la plaine qui souffre.

Qui nourrira mon amour et l’été si ce n’est cette douleur,
puisque mon amour et l’été ne peuvent plus se nourrir de joie.

Le cygne s’en va dans le sens des branches
et les muses nues me prennent les bras ;
le cheval ailé comprend ma souffrance
et les fleurs des prés s’écartent de moi.

(Max Jacob)

 

Recueil: Derniers poèmes en vers et en prose
Traduction:
Editions: Gallimard

Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :