Arbrealettres

Poésie

PRÉLUDE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018




PRÉLUDE

Le jour n’est pas une heure suivant l’autre,
il est douleurs se succédant :
le temps ne se ride jamais,
jamais il ne se détériore :
mer, ressasse la mer,
terre,
dit et redit la terre :
l’homme attend.
Seule
sa cloche
se tient là au milieu des autres,
elle garde en son vide
un silence implacable
qui se répandra quand de vague en vague
se lèvera sa langue de métal.

Après avoir possédé tant de choses,
en marchant à genoux de par le monde,
me voici, nu,
je n’ai plus que le dur midi
de la mer, et une cloche.

Ils m’offrent leurs voix pour souffrir
et leur monition pour me retenir.
Nul n’y échappe:
l’espace continue.
Et la mer ne cesse de vivre.
Les cloches d’exister.

(Pablo Neruda)

Illustration

5 Réponses to “PRÉLUDE (Pablo Neruda)”

  1. Je me disais bien qu’il y avait qq chose qui clochait dans ma vie 😉
    Merci pour ce beau Neruda
    chaleureusement
    frédéric

  2. arbrealettres said

    Il faut y aller … à cloche-pied dans la vie… vers Enfer ou Paradis! lol!!
    Merci pour ton passage Fred! ((-:

  3. Lara said

    Aller vers sa nudité , un sacré chemin intérieur
    L’Homme meurt et l’Espace ne le sait pas ..etc
    ( philo quand tu nous tient ! :-))

  4. […] via PRÉLUDE (Pablo Neruda) — Arbrealettres […]

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