Arbrealettres

Poésie

LE SOUVENIR DÉCHIRANT (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
LE SOUVENIR DÉCHIRANT

Je me souviens… (à quelle heure du jour ne l’ai-je pas devant mes yeux !)
je me souviens de la façon dont Elle soulevait ses cheveux avec ses faibles doigts si pâles.

Je me souviens d’une nuit qu’elle passa, la joue sur mon sein, si doucement, que le bonheur me tint éveillée,
et le lendemain elle avait au visage la marque de la papille ronde.

Je la vois tenant sa tasse de lait et me regardant de côté, avec un sourire.
Je la vois, poudrée et coiffée, ouvrant ses grands yeux devant son miroir,
et retouchant du doigt le rouge de ses lèvres.

Et surtout, si mon désespoir est une perpétuelle torture,
c’est que je sais, instant par instant, comment elle défaille dans les bras de l’autre,
ce qu’elle lui demande et ce qu’elle lui donne.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :