Arbrealettres

Poésie

LE TREFLE A QUATRE FEUILLES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LE TREFLE A QUATRE FEUILLES

Il faut abattre la moisson
Et la serrer en gerbes grosses;
Tous les gens solides se sont
Loués chez les fermiers de Beauce.
Au départ des gâs s’en allant
Prendre leur place aux tâches blondes
Les garçailles, à leurs galants,
Ont dit à la ronde

Refrain
Faucheur, mon beau faucheur,
Si vous trouvez un trèfle à quatre feuilles
Gardez-le pour que je le cueille.
Faucheur, mon beau faucheur,
Ça porte bonheur !

Mais au travers des chaumes roux
Le trèfle à bonheur est bien rare
Depuis qu’il pend à tous les cous
Des belles dames qui s’en parent ;
Et tous les gâs, des champs aux prés,
N’ont pu trouver, sous leurs faucilles,
Qu’un brin du trèfle désiré
Par toutes les filles.

Un seul brin ! Et tous les galants
L’ont voulu pour sa bonne amie;
Le fer des faux soudain sanglant
S’est dressé dans les mains roidies.
Et dans la Beauce aux longs champs plats
Quand la moisson s’écarte et bouge
Le brin de trèfle est encore là
Tout rouge, tout rouge !

(Gaston Couté)

 

 

2 Réponses vers “LE TREFLE A QUATRE FEUILLES (Gaston Couté)”

  1. Herbe trinitaire
    ———

    L’air est humide et la terre est bien grasse,
    Tout le jour brille un soleil sans éclat ;
    Un peu plus tôt la brume m’encercla,
    Un petit vent d’hiver m’en débarrasse.

    Je suis le Trèfle, un seigneur des espaces,
    Dans ce grand pré j’ai le rang de prélat ;
    Mon triple corps qu’un ange modela
    Semble ce Dieu qui jamais ne trépasse.

    Je dis à l’herbe où se trouve le bien,
    Je le lui dis, mais elle n’entend rien,
    Je lui pardonne, et tous ses voeux j’exauce.

    J’aime l’automne et j’aime aussi l’hiver
    J’aime l’Irlande et ses horizons verts,
    J’aime un peu moins les plaines de la Beauce.

  2. Trinité du pâturage
    ———-

    L’herbe de ce grand pré n’a guère de mémoire
    Et le peu qu’elle en a provient d’on ne sait où ;
    Elle sait qu’on est mieux quand on a de quoi boire
    Et que le mauvais temps vaut moins que le temps doux.

    Trois petits dieux de trèfle écrivent son histoire
    Mais beaucoup de détails dans leurs textes sont flous ;
    « Je peux même en trouver qui sont contradictoires »,
    Me faisait remarquer le curé de Saint-Loup.

    Or, pris globalement, cet écrit nous déride
    Car il est plein de vie, il est tout sauf aride ;
    Je serai donc d’avis de ne rien y changer.

    J’entends un chant d’oiseau, commentaire sonore
    Qui charme mon oreille et dont le pré s’honore,
    Sauf les trois petits dieux qu’une vache a mangés

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