Arbrealettres

Poésie

Le matin du lac (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Nous naviguons sur une onde insonore.
Tous les ibis debout rêvent encore.

Un souffle à peine effleure notre joue.
Sous des roseaux trois crocodiles jouent.

Du lac perdant les étoiles décloses,
monta en comète un vol de flamants roses.

L’hippopotame voit, d’un oeil lointain, flotter Vénus
l’écharpe du matin.

Mais les ibis debout rêvent encore.
Nous naviguons sur une onde insonore.

(Paul Fort)

Une Réponse vers “Le matin du lac (Paul Fort)”

  1. Lumière de Hastings
    ——–

    Sur le champ de bataille un étrange astre luit,
    Inspirant aux soldats de l’espoir ou des craintes ;
    Comme des malheureux perdus au labyrinthe,
    Leurs esprits désarmés sentent venir la nuit.

    Le duc nous dit que c’est un présage pour lui,
    Porté par une fée ou bien par une sainte
    Qui est sans doute Iris, de son écharpe ceinte,
    Venant nous annoncer la fin de nos ennuis.

    Arrivés par la mer, déployés en la plaine,
    Comme les guerriers grecs venus reprendre Hélène,
    Du roi nous pillerons la chambre et le cellier.

    Des témoins de la chose éclairons l’ignorance :
    La Normandie n’est point vassale de la France,
    Pas plus que des agneaux n’est vassal le bélier.

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