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Poésie

Archive for 27 juillet 2018

Que de vagues stériles (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



Illustration: Kupka Frantisek
    
Que de vagues stériles
pour une vague féconde
Pourtant c’est la même eau
mettant du sel sous ta langue
portant l’écume à tes lèvres
et dont tu prétends être
le sourcier
Parfois tu te demandes
— puisqu’on affirme
que tu es sorti d’elle —
si l’eau
possède ou non
une mémoire

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: Tribulations d’un rêveur attitré
Traduction:
Editions: La Différence

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Tu le sens tomber dans tes veines (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



Illustration
    
Tu le sens tomber dans tes veines
le goutte-à-goutte
du temps
Son bruit audible accompagne
celui de ta respiration
Loin de t’alarmer
tu t’en sustentes comme d’un nectar
Preuve s’il en est que ton corps
est toujours habité
et ta raison souveraine
Le sablier se vide-t-il ?
Eh bien
il n’y a qu’à tendre la main
et le renverser

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: Tribulations d’un rêveur attitré
Traduction:
Editions: La Différence

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Dans la matière noire (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018




    
dans la matière noire
des mots
La lumière secrète
garde son secret

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: Tribulations d’un rêveur attitré
Traduction:
Editions: La Différence

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De tout ce que tu as vu (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018




    
De tout ce que tu as vu
entendu
énoncé
mangé
bu
éprouvé
rêvé
qu’est-ce qui prime
la réalité vécue
de l’instant révolu
ou la version créatrice
qu’en dessine sans tarder
la mémoire ?

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: Tribulations d’un rêveur attitré
Traduction:
Editions: La Différence

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HEUREUX CELUI QUI MEURT D’AIMER (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



    

HEUREUX CELUI QUI MEURT D’AIMER

O mon jardin d’eau fraîche et d’ombre
Ma danse d’être mon coeur sombre
Mon ciel des étoiles sans nombre
Ma barque au loin douce à ramer
Heureux celui qui devient sourd
Au chant s’il n’est de son amour
Aveugle au jour d’après son jour
Ses yeux sur toi seule fermés

Heureux celui qui meurt d’aimer
Heureux celui qui meurt d’aimer

D’aimer si fort ses lèvres closes
Qu’il n’ait besoin de nulle chose
Hormis le souvenir des roses
A jamais de toi parfumées
Celui qui meurt même à douleur
A qui sans toi le monde est leurre
Et n’en retient que tes couleurs
Il lui suffit qu’il t’ait nommée

Heureux celui qui meurt d’aimer
Heureux celui qui meurt d’aimer

Mon enfant dit-il ma chère âme
Le temps de te connaître ô femme
L’éternité n’est qu’une pâme
Au feu dont je suis consumé
Il a dit ô femme et qu’il taise
Le nom qui ressemble à la braise
A la bouche rouge à la fraise
A jamais dans ses dents formée

Heureux celui qui meurt d’aimer
Heureux celui qui meurt d’aimer

Il a dit ô femme et s’achève
Ainsi la vie, ainsi le rêve
Et soit sur la place de grève
Ou dans le lit accoutumé
Jeunes amants vous dont c’est l’âge
Entre la ronde et le voyage
Fou s’épargnant qui se croit sage
Criez à qui vous veut blâmer

Heureux celui qui meurt d’aimer
Heureux celui qui meurt d’aimer

(Louis Aragon)

 

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Considère la vie des oiseaux et des poissons (Kamo no Chōmei)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018




    
Considère la vie des oiseaux et des poissons.
Jamais le poisson ne se lasse de l’eau;
mais, n’étant pas poisson,
tu ne pourras jamais savoir ce qu’éprouve le poisson.

Jamais l’oiseau ne se lasse de la forêt;
mais n’étant pas oiseau, tu ne comprendras jamais ses sentiments.

Il en va de même pour la vie religieuse et la vie poétique :
si tu ne les vis pas, tu n’y comprendras jamais rien.

(Kamo no Chōmei)

 

Recueil: Tchan (Zen)
Traduction:
Editions: Hermès

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Tu écris toujours (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



Illustration: Remedios Varo Uranga
    
Tu écris toujours
avec le corps d’un autre
Le tien te sert tout au plus
pour la déambulation
le jeu forcé des apparences
les coups et blessures
le plaisir incident

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: Tribulations d’un rêveur attitré
Traduction:
Editions: La Différence

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Le souffrir d’aimer (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018




    
Le souffrir d’aimer flamme perpétue
En moi l’incendie étend ses ravages
A rien n’a servi ni le temps ni l’âge
Mon âme mon âme où m’entraînes-tu

(Louis Aragon)

 

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Celui qui ignore les peines (Saint Jean de la Croix)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



Jean de la Croix    
    
Celui qui ignore les peines
dans cette vallée de douleurs
ne sait ce qui est bon qu’à peine
d’amour ignore la saveur
car la peine est l’habit de ceux qui aiment.

(Saint Jean de la Croix)

 

Recueil: Nuit obscure Cantique spirituel
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Gallimard

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Je chante pour passer le temps (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018




    
Je chante pour passer le temps
Petit qu’il me reste de vivre
Comme on dessine sur le givre
Comme on se fait le coeur content
A lancer cailloux sur l’étang
Je chante pour passer le temps

J’ai vécu le jour des merveilles
Vous et moi souvenez-vous-en
Et j’ai franchi le mur des ans
Des miracles plein les oreilles
Notre univers n’est plus pareil
J’ai vécu le jour des merveilles

Allons que ces doigts se dénouent
Comme le front d’avec la gloire
Nos yeux furent premiers à voir
Les nuages plus bas que nous
Et l’alouette à nos genoux
Allons que ces doigts se dénouent

Nous avons fait des clairs de lune
Pour nos palais et nos statues
Qu’importe à présent qu’on nous tue
Les nuits tomberont une à une
La Chine s’est mise en Commune
Nous avons fait des clairs de lune

Et j’en dirais et j’en dirais
Tant fut cette vie aventure
Où l’homme a pris grandeur nature
Sa voix par-dessus les forêts
Les monts les mers et les secrets
Et j’en dirais et j’en dirais

Oui pour passer le temps je chante
Au violon s’use l’archet
La pierre au jeu des ricochets
Et que mon amour est touchante
Près de moi dans l’ombre penchante
Oui pour passer le temps je chante

Je passe le temps en chantant
Je chante pour passer le temps

(Louis Aragon)

 

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