Arbrealettres

Poésie

NOUVEAU CREDO DU PAYSAN (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Léon-Augustin Lhermitte
    
NOUVEAU CREDO DU PAYSAN

Bon paysan -dont la sueur féconde
Les sillons clairs où se forment le vin
Et le pain blanc qui doit nourrir le monde,
En travaillant, je dois crever de faim ;
Le doux soleil, de son or salutaire,
Gonfle la grappe et les épis tremblants ;
Par devant tous les trésors de la terre,
Je dois crever de faim en travaillant !

Refrain
Je ne crois plus, dans mon âpre misère,
A tous les dieux en qui j’avais placé ma foi,
Révolution ! déesse au coeur sincère,
Justicière au bras fort, je ne crois plus qu’en toi ! (bis)

Dans mes guérets, au temps de la couvraille,
Les gros corbeaux au sinistre vol brun
Ne pillent pas tous les grains des semailles :
Leur bec vorace en laisse quelques-uns !
Malgré l’assaut d’insectes parasites,
Mes ceps sont beaux quand la vendange vient
Les exploiteurs tombent dessus bien vite
Et cette fois, il ne me reste rien !

Au dieu du ciel, aux maîtres de la terre,
J’ai réclamé le pain de chaque jour :
J’ai vu bientôt se perdre ma prière
Dans le désert des cieux vides et sourds ;
Les dirigeants de notre République
Ont étalé des lois sur mon chemin,
D’aucuns m’ont fait des discours magnifiques,
Personne, hélas ! ne m’a donné de pain !

Levant le front et redressant le torse,
Las d’implorer et de n’obtenir rien,
Je ne veux plus compter que sur ma force
Pour me défendre et reprendre mon bien.
Entendez-vous là-bas le chant des Jacques
Qui retentit derrière le coteau,
Couvrant le son des carillons de Pâques :
C’est mon Credo, c’est mon rouge Credo

(Gaston Couté)

 

 

Une Réponse vers “NOUVEAU CREDO DU PAYSAN (Gaston Couté)”

  1. Couleur indéfinissable
    ———–

    Autour de quelques fleurs les insectes se meuvent,
    Volant et bourdonnant, jamais ne se lassant ;
    Un peu plus loin, par terre, un lombric va glissant,
    Qui de rosée du jour avidement s’abreuve.

    Te raconter ces fleurs, mes rimes ne le peuvent,
    Que je dépose ici, le monde reflétant ;
    Je me sais malhabile et j’insiste, pourtant,
    Les phrases que j’écris ne sont pas vraiment neuves.

    Je chante la magie de ce monde banal,
    Sous le beau ciel d’azur que reflète un canal ;
    Mais souvent je m’arrête au bout de quelques signes.

    Je pratique un métier que je n’ai pas appris,
    En désordre, des mots me viennent à l’esprit,
    Que tu peux voir ici, dans ces quatorze lignes.

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