Arbrealettres

Poésie

A UN MORT (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



 

Bill Viola  Le seuil

A UN MORT

Ou dit que tu as rendu l’âme.
Rendue à quoi, ton âme, dis ?

Je sais : L’eau qui gonfle et grandit
Les jacinthes et les jonquilles,
L’eau des ruisseaux et l’eau des larmes
A l’océan sera rendue,
Rendue avec exactitude.

Mais ces limites adorables ?
Mais ces façons, ah ! sans doute à jamais uniques
De capter, de régir l’immuable trésor,

De prendre part à l’aventure,
De refléter cette lumière en marche ?

Je sais, d’autres viendront, pareils à toi ;
Pareils ? Comme le sont tous les fruits du même arbre :
Il n’y en a pas deux qui aient exactement
Même couleur, même forme et même parfum.

On dit que tu as rendu ton âme…

La médaille au creuset rendue
N’est plus que poids et que métal.

Ton esprit n’est plus que l’Esprit.

Ah ! que l’or brut soit éternel., peu nous importe !
Nous aimions ce lingot frappé
A ton effigie,
Et dont rien ne reste qu’une empreinte
— Déjà changée ! —
Dans nos mémoires.

(Charles Vildrac)

Illustration: Bill Viola

 

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