Arbrealettres

Poésie

Archive for 3 août 2018

Qui (Henri Bosco)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018




Un dieu? un ange? …
Qui donc est, dites-moi,
mon compagnon
de songes?

(Henri Bosco)

Illustration: Fanny Verne

 

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J’ai fait de Toi (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



 

Edson Campos  (20)

J’ai fait de Toi le Confident de mon coeur
Mais je suis disponible pour tous ceux qui souhaitent ma compagnie

Mon apparence est amicale à l’égard de mes hôtes
Mais dans mon âme c’est mon Amour qui seul réside

(Râbi’a)

Illustration: Edson Campos

 

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Son corps avait la douceur de l’eau dans les mains (Georges Schéhadé)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Amedeo Modigliani 0t1

Son corps avait la douceur de l’eau dans les mains
Un collier bleu marquait sa faiblesse
Pour elle la rosée écrit son poème
Et le matin a tous les regards
Montagnes lointaines où sont les gens d’autrefois
La pluie qui appelle
– Cette femme n’est pas un songe
Elle doit être morte maintenant
L’image accompagne le vent pour elle

(Georges Schéhadé)

 Illustration: Amedeo Modigliani

 

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Le Bain des Nymphes (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Illustration: Adolphe William Bouguereau

    

C’est un vallon sauvage abrité de l’Euxin;
Au-dessus de la source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d’un pied craintif l’eau froide du bassin.

Ses compagnes, d’un bond, à l’appel du buccin,
Dans l’onde jaillissante où s’ébat leur chair blanche
Plongent, et de l’écume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose d’un sein.

Une gaîté divine emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé l’ombre.
Le Satyre !… Son rire épouvante leurs jeux;

Elles s’élancent. Tel, lorsqu’un corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux
S’effarouche le vol des cygnes du Caÿstre.

(José-Maria de Hérédia)

 

 

 

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Je ne suis plus le miroir (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Je ne suis plus le miroir
Où pour la première fois
Sans ombre tu te parlas
Ravie d’avoir enfin un compagnon limpide
Tu crus qu’il te parlait il jeta un grand cri
Et tu t’éveillas en sursaut
Ton ombre reprenait le chemin de ton corps
Les portes se fermaient
La vitre tombait dans l’oubli
Le portrait s’effaçait sous tes gestes serrés
Et le soir distribuait les rôles
Un pain à celui-ci à tous les autres un pain
Pâture moindre mal

(Paul Eluard)


Illustration: John William Waterhouse

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Les filles du vent (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Les filles du vent

Elles sont parties les filles du vent
Les filles sans parrainage
Les grandes filles incertaines
Qu’effarent les mots les voiliers les maisons

Les filles aux chevelures
Les filles aux hanches étroites
Les filles aux paumes ouvertes
Et au corps étonné

Elles sont parties les filles qui savent
Les filles les grandes filles du vent
Amies-soleil des tristesses
Compagnes inquiètes de la joie

Elles sont parties les filles qui savent
Légères et lourdes
De la chanson des mondes
Elles sont parties
Et elles sont là.

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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La salade (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Dans mon assiette quel mélange de Nature!
Mes soeurs les plantes,
Les compagnes des sources, les saintes
Que nul ne vient prier…

(Fernando Pessoa)

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LE SACRE DE VÉNUS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



LE SACRE DE VÉNUS
A Carmen.

Bravant marées vents et fantômes
Ton souvenir vient jusqu’à moi
Quand tombent les feuilles d’automne
Quand s’éternise au long des mois
L’amour et la peine des hommes.

Kara Théiôn, ô ma Jocaste
« Tête chère » bardée de fer,
En bandoulière j’ai le masque
Au ceinturon balle le casque
— Je suis aux portes de l’enfer —

J’ai vu des soirs si longs, si tendres,
Une musique et des ave
Qu’on n’en finissait pas d’entendre
Et j’ai vu des chevaux crevés
Dans les fossés couleur de cendre

J’ai vu les femmes que j’aimais
Mêlées au vent de mes détresses
Mais une seule, pour jamais
En silence dénoue ses tresses
Sur mes nuits et mes désormais

Issue des flammes de la mer
Ô ma grande femme de nacre,
Ma Vénus, le voici ton sacre !
Il sonne dans mon coeur amer
Le dur temps de nos épousailles.

Mes astres, mes soleils, mes lampes
Tout ce que j’aimais au rebours
Sombre dans l’arroi des tambours.
Donne-moi la vertu patience :
Je voudrais revivre l’amour.

Vous mes amis, mes camarades
Ou compagnons des jours sans peur ,
Soutenez-moi. Portez mon coeur,
Protégez-moi de votre grâce,
De votre armure de douceur.

(Maurice Fombeure)


Illustration: Sandro Botticelli

 

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Celui qui choisit (Guido Gezelle)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



 

Michael Whelan  5 [1280x768]

Celui qui choisit de loger sous les monts,
du soleil, le jour, n’est plus compagnon.
Le soir tombe avant qu’il retrouve son lit.
Trop tôt la clarté se cache de lui.
Celui qui choisit de loger sous les monts
ne peut supporter du vent les façons.
L’été vient trop tard et l’hiver vient trop tôt.
La douceur de l’air n’est jamais son lot.
Humide la plaine, tout flue et tout fuit.
Sèches les hauteurs, tout vole et tout mord.
Monter ou descendre ? Aucun je ne puis.
Ni val, ni sommet, c’est le meilleur sort.
Me garde des dunes, m’écarte des prés.
Vivre entre les deux, c’est vivre à mon gré.

(Guido Gezelle)

Illustration: Michael Whelan 

 

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Le Berger (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018




Le Berger

Le berger écoute le vent
Le berger compte les étoiles
Le berger regarde le temps
grisailler son manteau de toile

Le berger confie son troupeau
à l’épaule de la montagne
Le berger joue de son pipeau
La voix du torrent l’accompagne

Mais par les longues nuits d’été
couché seul sur le dos dans l’herbe
compagnon de l’éternité
le berger …
le berger …
s’emmerde…

(Francis Blanche)

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