Arbrealettres

Poésie

Archive for 17 août 2018

Mon âme rétrécit (Béatrice Libert)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



Mon âme rétrécit un peu chaque matin.
Qu’y mettre à la place?
Rien n’y tient: la greffe est illusoire.
Corps stigmatisé,
traverse de vent, de grain, d’outrage,
en appui sur le vide, aimanté par l’oubli.

(Béatrice Libert)

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L’âme, l’esprit, le coeur, ont besoin d’enthousiasme (Arthur Haulot)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



L’âme, l’esprit, le coeur,
ont besoin d’enthousiasme,
comme les arbres et les fleurs
ont besoin d’eau et de soleil,
comme l’oiseau a besoin d’air
et le voilier, besoin de vent.

(Arthur Haulot)

 

 

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Si jadis j’avais cru dans un espoir d’enfant (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018




Si jadis j’avais cru dans un espoir d’enfant
Que mon âme échappant à tout pourrissement
Emporterait au fond de gouffres insondables
Des pensers éternels, des souvenirs aimables,
Je jure que depuis longtemps j’aurais quitté
Ce monde, et clos ma vie, horrible déité;
Je serais au pays de ces libres délices,
Au pays dépourvu de la mort et des vices,
Où l’esprit vole seul dans le ciel épuré.

Mais je me livre en vain à ce rêve éthéré.
Mon esprit obstiné méprise l’espérance:
Au-delà du tombeau, c’est l’insignifiance.
Eh bien, tant pis, adieu, pensers, premiers amours !
J’ai peur et de nouveau je surveille mes jours.
Je veux vivre longtemps pour qu’une image chère
Illumine en secret mon âme en sa misère.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: Patrice Murciano

 

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Le creux (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018


Le creux au fond
des créatures humaines
se ressent certains jours bas
au silence des maisons
il semble que rien ne vaille
des animaux élèvent pourtant
leurs cris stridents
se poursuit ce ruissellement
de l’histoire
par routes et places à tout venant.

(Jean Follain)

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Le tuberculeux de la chambre d’à côté (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



Le tuberculeux
De la chambre d’à côté
N’tousse pas aujourd’hui.

***

The consumptive man,
Who lives in the room next door,
Did not cough today.

(Richard Wright)

 

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Tôt ou tard (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



Tôt ou tard
mon Toto
tard ou tôt
mon lascar
ça finit
ça finit sur un lit d’hosto

C’est mon tour aujourd’hui
j’y suis

(Louis Calaferte)

 

 

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Terminal (Tristan Cabral)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



Terminal

nous terminerons tous dans une maison blanche
qui portera le nom d’un docteur ou d’un saint
sous les blouses nous verrons des parfums et des seins
et puis nous tomberons un jour ou un dimanche…

(Tristan Cabral)

 

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La visite au malade (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018




La visite au malade

Lorsqu’elle entra avec la fête d’air qui bouscule la chambre,
une pluie de feuilles me cingla le front.

(Luc Dietrich)

Illustration

 

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Parfum d’iode (Marie-Noëlle Hopital)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

mer

parfum d’iode –
les vagues se retirent
des galets brûlants.

(Marie-Noëlle Hopital)

Illustration

 

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GENÈSE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



GENÈSE

Ni anges ni dieux, peut-être sommes-nous les hôtes
d’une terre d’avant la pomme et le serpent.

Genèse de notre amour : l’air se sculpte de visages,
la lumière se creuse d’alvéoles, tout n’est pas que fausses images
dans la distance et nous jouissons de minutes
où l’algue rime avec la roche, la ruche avec la rose.

L’arbre né de mes yeux rejoint le vol de la colombe
que ton regard enfante.

Je presse tes mains au goût d’herbe,
je respire l’odeur du buis sur tes cheveux.

Entends-tu bien-aimée les salves du soleil ?
vois-tu la chute des falaises blanches ?

(Jules Tordjman)

Illustration: René Julien

 

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