Arbrealettres

Poésie

LOUANGE AUX FORGERONS (Miguel Angel Asturias)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



LOUANGE AUX FORGERONS

Le fer pleure,
Forgeron !

Forges,
charbons,
soufflets,
lingots,
ombres géantes,
impétueuses
musculatures.

Les deux marteaux
comme deux chiens
mordent le fer
chauffé à blanc.
Fendu le fer,
l’étampe demeure brûlante
comme un couteau coupant des langues.

Et tout se tait.
Seul le fer rouge
parle dans l’eau,
langue éclatée
qui ne s’éteint.

Le fer pleure,
Forgeron !

(Miguel Angel Asturias)

Illustration:  Louis Toffoli

 

 

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