Arbrealettres

Poésie

A L’ENTERREMENT D’UN AMI (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018




    
A L’ENTERREMENT D’UN AMI

On l’enterra par une horrible après-midi
de juillet, sous un soleil de feu.

A un pas de la tombe ouverte
il y avait des roses aux pétales pourris,
entre des géraniums à l’âcre parfum
et aux fleurs rouges. Le ciel
pur et bleu. Il soufflait
un vent fort et sec.

Suspendu à de grosses cordes,
lourdement, le cercueil fut descendu
au fond de la fosse
par les deux croque-morts…

Quand il se posa, un grand bruit résonna,
solennellement, dans le silence.

Le bruit d’un cercueil sur la terre est quelque chose
de tout à fait sérieux.

Sur le noir cercueil se brisaient
les lourdes mottes poussiéreuses…

Le vent emportait
le souffle blanc de la fosse profonde.

.— Et toi, sans ombre désormais, dors et repose,
longue paix à tes ossements…

Définitivement,
dans un sommeil paisible et véritable.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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