Arbrealettres

Poésie

UNE FEMME QUI NE VIENDRA JAMAIS (Saisei Murô)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



Edmund Dulac  43(1)

UNE FEMME QUI NE VIENDRA JAMAIS
SIEN NI YATTEKONAI JOSEI

Un jour que souffle un vent d’automne
Devant le jardin et l’ombre des kakis
Je regarde un ciel clair comme de l’eau
Et vais à mon bureau
Oh, coups d’oeil joyeux!
Voir les volubilis fanés
Chanter les merveilleuses roses de Chine
Et puis t’attendre en silence
Avec un beau et grand sourire
T’attendre, ma colombe!
L’ombre des kakis se déplace
Dans un doux crépuscule
J’allume, reviens
Et la nuit comme toujours
Est un vrai clair de lune
Je nettoie le jardin comme on nettoie un bijou
J’en aime les fleurs qui sont des bijoux
Je célèbre les insectes, petites flûtes,
Je marche, je pense,
Penser, regarder le ciel,
Et puis encore nettoyer,
Oh, sans laisser une poussière!
Et dans cette solitude innocente
T’attendre, toi qui ne viendras jamais!
Joyeusement
Tristement
Corps et coeur
Aujourd’hui encore je suis prêt
Ah! A la fin de cette vie d’attente
Je ne sais quand, mais que je sois béni!
Je ne sais quand, mais que je sois récompensé!
Qu’enfin vienne un être véritable!

(Saisei Murô)

Illustration: Edmund Dulac

2 Réponses to “UNE FEMME QUI NE VIENDRA JAMAIS (Saisei Murô)”

  1. jobougon said

    Tu vois, celui-là, et bien il frappe en plein coeur, tant il parle beau.

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