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Poésie

Archive for 16 septembre 2018

Grillage de la pluie (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



Grillage de la pluie

Les flèches de la pluie
brûlent et la route fume
Et dix mille petites
blessures étincellent

La grille de la pluie
tisse le paysage
enserre les jardins
et griffe la fenêtre

Le grillage de la pluie
étend ses doigts lisses
sur les frais visages
ruisselants des enfants

(Gabriel Cousin)

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CHANSON DE LA FORTUNE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

Pino Settanni Roue de la Fortune

CHANSON DE LA FORTUNE

Comme elle a les yeux bandés,
Elle a d’abord demandé
Où aller.

Des maquignons qui passaient,
Des bagues à tous leurs doigts,
Ont entouré ses poignets
De leur fouet.

Elle a couché avec eux
Et ils ont coupé pour eux
Ses cheveux.

Et ils l’ont gardée depuis
Dans l’enceinte qui est faite
De leurs ventres.

Il ne faut pas la maudire
O vous tous qui supputiez
Ses sourires !
Elle ignore où elle va…
A ses poignets les cuirs gras
Lui font mal.

C’est ce bandeau, ce bandeau…
Oh ! derrière ce bandeau
Ses yeux peut-être sont beaux
Et pleins d’eau.

Qu’on arrache ce noir scel
Et nous la verrons, qui sait ?
Avec des yeux de pucelle,
Donner du pain aux moineaux.

(Charles Vildrac)

Illustration: Pino Settanni

 

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Quelle saison du coeur (Alessandro Baricco)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



Dimo Kolibarov (4)

Quelle saison du coeur est-ce donc que celle-ci, où l’on se précipite
au secours des années oubliées, en feignant de les avoir entendues
crier à l’aide?

(Alessandro Baricco)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Dimo Kolibarov

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Est-ce que tu penses (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

Est-ce que tu penses que si
il y a une pomme sur la table
et que quelqu’un la mange, elle
n’y sera plus.

(Robert Creeley)

Illustration

 

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Flamme (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

Flamme, la
bûche mi-
flambée, qui flambe,
y est.

(Robert Creeley)

 

 

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Interruptions (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

Harry Brooker   Interruption

Interrupt-
ions.

(Robert Creeley)

Illustration: Harry Brooker

 

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CHANSON FACILE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

chanson   l

CHANSON FACILE

Je fais une chanson facile
que d’autres chanteront,
et je t’invente plusieurs vies,
moi qui me lasse de la mienne

Une chanson qui plaise autant
à la mémoire qu’à l’oubli.

Qui l’entend croit la chanter.
Qui la chante n’y pense plus,
et qui veut y croire la vit.

(Axel Toursky)

Illustration

 

http://www.slash.fr/fr/lieux/insitu

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LA VIE NOCTURNE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

Rockwell Kent   (2)

LA VIE NOCTURNE

Chaque nuit de sa vie était
Un coup de pouce dans l’ébauche
Qu’une fille savante et gauche
Préparait à l’éternité.

Fatigue proche du soleil !
Nuits de labeur où l’ouvrière
Allumait sous chaque paupière
Un aveuglement de sommeil.

Souvent il s’éveillait, baigné
D’une sueur étrange et forte,
Comme si les mains d’une morte
L’avaient en songe travaillé.

Il souffrait alors de sentir
Dans l’inachevé de sa glaise
Les doigts qu’une absence mauvaise
Trouait à même le désir.

(Axel Toursky)

Illustration: Rockwell Kent

 

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ROMAN DU SAULE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

vieux saule

ROMAN DU SAULE

D’abord, ce dut être une plante,
petite et souple juste assez
pour s’écouter chanter le vent.

Une plante qui se taisait
pour apprendre son métier d’arbre
dans la mémoire des racines.

Un beau jour, toutes les idées,
tous les raisonnements d’écorce
qui la gonflaient ont giclé drus.

Comme une grande véhémence
d’un coup se vide par la bouche
et laisse l’homme titubant,

cette verdure échevelée
a démoli l’énergumène
qui n’en pouvait plus de pousser.

Maintenant l’arbre ne vit plus
que de couleuvres et de rats
dans le creux de sa réussite,

et répète inlassablement
un mot énorme et sédentaire
qui fait se presser les nuages.

(Axel Toursky)

Illustration

 

 

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L’ENTRÉE DU PORT (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

Dorina Costras ethereal-thoughts-from-whispers-series

L’ENTRÉE DU PORT

Le brouillard
gâche son plâtre.
Une ville
se construit.

Des images
libérées
se redressent
dans tes yeux.

Sur une ombre
de ta joue
le sommeil
jette l’ancre.

Tu t’endors
délestée
des raisons
et des gestes.

Une vague
te commence,
une vague
te finit.

(Axel Toursky)

Illustration: Dorina Costras

 

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