Arbrealettres

Poésie

Archive for 5 octobre 2018

Rhume de printemps (Mizuhara Shûôshi)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



Rhume de printemps –
j’avais fini par oublier
ma propre voix

(Mizuhara Shûôshi)

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , | 4 Comments »

Ranimez-moi avec des pommes (Le Cantique des cantiques)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



Ranimez-moi avec des pommes,
car je suis malade d’amour.

(Le Cantique des cantiques)

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

JE VOUDRAIS PERDRE LA MEMOIRE (Christian Arabian)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Max Gasparini -  (32) [1280x768]

JE VOUDRAIS PERDRE LA MEMOIRE

Je voudrais perdre la mémoire
Te rencontrer une seconde fois
Et te dire au revoir
Avoir un rendez-vous dimanche
Le coeur battant en déguisant ma voix
Sans montrer patte blanche

Recommencer de la même façon
Et te chanter ma première chanson
Ne plus jamais penser
Ne plus jamais penser
Vivre sans passé

Je voudrais perdre la mémoire
Jouer ma chance une seconde fois
Pour te connaître mieux
Apprendre ton nom, ton adresse
Renouveler nos maladresses
Interroger tes yeux

Te retrouver pour un partage
Tantôt soleil, tantôt nuage
Ne plus jamais penser
Ne plus jamais penser
Vivre sans passé

Je voudrais perdre la mémoire
Te murmurer en te prenant la main
A demain, demain.

(Christian Arabian)

Illustration: Max Gasparini

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

O ces regards pauvres et las! (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Bill Viola Union

O ces regards pauvres et las!
Et les vôtres et les miens!
Et ceux qui ne sont plus et ceux qui vont venir!
Et ceux qui n’arriveront jamais et qui existent cependant!
Il y en a qui semblent visiter des pauvres en dimanche;
Il y en a comme des malades sans maison;
Il y en a comme des agneaux dans une prairie couverte de linges.

Et ceux qui font songer à des tristesses ignorées !
A des paysans aux fenêtres de l’usine.
A un jardinier devenu tisserand.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Bill Viola

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je désire le chant (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Adrian Borda 26aec63cd4 [1280x768]

Dedans : c’est une armoirie à grands éclats.
C’est un paysage de neige avec neiges et frimas.
C’est une aumônerie, où viennent les sanglots.
Une maladrerie pour les sbires et les dévots.
C’est une aubergerie ouverte aux quatre vents
où viennent dîner les striges et sonner les olifants.

Dedans : c’est un désert que la soif décore.
C’est un amour qui ne sait retrouver son bien.
C’est un chasseur perdant son chien. Un mur
planté en vain.
Dedans, il n’y a rien.

J’écoute, déchiré de vent, le vent qui vient
en la chanson.
Je désire le chant,
je le guette. Je perds mon temps dans le dedans.
Je me défends,

(Hubert Juin)

Illustration: Adrian Borda

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PRIERE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

PRIERE

Rassemble
Dans tes bras miséricordieux
Ceux qui sont malades et ceux qui sont dépravés,
Ceux qui sont désespérés et ceux qui sont harassés,
Et toute l’écume
De notre triste cité
Rassemble-la
Dans tes bras miséricordieux.
Rassemble
Dans tes bras pleins d’amour,
Ceux qui n’attendent des cieux
Aucun amour.

(Langston Hughes)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

RENCONTRE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



Annibale Carracci christ_carrying_the_cross _512

RENCONTRE

Je t’ai rencontré sur le sentier de ta mort,
Et c’est tout à fait par hasard
Que j’avais pris ce chemin,
Ne sachant pas que tu te rendais là.

Quand j’entendis la populace hurlante
Je voulus revenir,
Cependant par curiosité je restai
Sur son passage.

Dans la clameur
Soudain je me sentis faiblir
Mais je ne m’en retournai pas.

La meute hurlait si fort, pourtant elle était si faible
Semblable à un océan malade et sourd.
Sur ta tête tu portais des épines aiguës,
Tu ne me regardais pas.

Et sur ton dos,
Tu portais
Toute ma misère.

(Langston Hughes)

Illustration: Annibale Carracci

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Scène d’Amour en Mai (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018


L'Autre Rive 146 x 89 p

Ces paroles maladroites dans la lumière de fin
D’après-midi, et l’horizon maître des orages!

Elle ne regarde que le bleu puis appelle
Sourdement: que voyez-vous dans ses yeux

Qui ne voient pas? cette douce présence
Et la chair bouleversée, le grain magnifique

De la voix, le bruit léger des vêtements
Qu’on froisse. Lui déjà sur la rive

Comme au matin des agonies, respirant.
Elle étonna même les fleurs partout

Répandues, éprise d’insolubles énigmes,
Défaite, « écoutez-moi qui passe » dit-elle

Voix oscillante, voix faible et froide.

(Lionel Ray)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

HEURES TERNES (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Euan Macleod   56 [1280x768]

HEURES TERNES

Voici d’anciens désirs qui passent,
Encor des songes de lassés,
Encor des rèves qui se lassent;
Voilà les jours d’espoir passés!

En qui faut-il fuir aujourd’hui!
Il n’y a plus d’étoile aucune;
Mais de la glace sur l’ennui
Et des linges bleus sous la lune.

Encor des sanglots pris au piège!
Voyez les malades sans feu,
Et les agneaux brouter la neige;
Ayez pitié de tout, mon Dieu!

Moi, j’attends un peu de réveil;
Moi, j’attends que le sommeil passe;
Moi, j’attends un peu de soleil
Sur mes mains que la lune glace.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Euan Macleod 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’HOMME QUI DEVIENT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Irène Lussou_3

L’HOMME QUI DEVIENT

Son oeil fréquente les ombres
Il a la pierre de l’être
La fleur contradictoire est en sa main
Et le coeur inversé comme un voilier de fête
Il a appris puis désappris tout l’univers

Il a connu les pas des grands malades
L’horizon sans honneur
Les villes de l’âpreté
La terre meuble qui défaille sous les maisons antiques
Et les jours inclinés entre leurs sept miroirs

Il a la pierre de l’être
Son corps pousse des racines
Par hommage il quitta les femmes au genou d’or
La Mort portant sa grâce et l’Amour sa couronne
Il sait que ceux qui rêvent ont toute raison.

(Andrée Chedid)

Illustration: Irène Lussou

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :