Arbrealettres

Poésie

Ce blanc pied nu (Pétrarque)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2018



    

Ce blanc pied nu plonge dans l’herbe fraîche,
Son pas, toute douceur, toute chasteté,
Et par vertu de ces tendres empreintes
Voici que les fleurs s’ouvrent, qu’elles embaument.

Puis Amour, qui n’englue que les coeurs bien nés,
Dédaignant d’imposer sa puissance aux autres,
Me fait de ces beaux yeux un plaisir si vif
Que je n’ai plus désir d’aucun autre bien.

Elle va, elle me regarde, ses yeux brillent,
Ses paroles sont tendres : en harmonie
Avec sa modestie, sa noble réserve.

Et ce sont là quatre étincelles, parmi d’autres,
Dont naît l’immense feu dont je vis et brûle,
Moi, cet oiseau de nuit dans le soleil.

***

Corne ‘l candido pie’ per l’erba fresca
i dolci passi honestamente move,
verni che ‘ntorno i fiori apra et rinove,
de le tenere piante sue par ch’esca.

Amor che solo i cor’ leggiadri invesca
né degna di provar sua forza altrove,
da’ begli occhi un piacer si caldo piove
ch’i’ non curo altro ben né bramo altr’ésca.

Et co l’andar et col soave sguardo
s’accordan le dolcissime parole,
et l’atto mansüeto, humile et tardo.

Di tai quattro faville, et non già sole,
nasce ‘l gran foco, di ch’io vivo et ardo,
che son fatto un augel notturno al sole.

(Pétrarque)

 

Recueil: Je vois sans yeux et sans bouche je crie
Traduction: Yves Bonnefoy
Editions: Galilée

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