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Poésie

Archive for 30 octobre 2018

L’INSTANT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

Brad Kunkle 424

L’INSTANT

L’instant sème.

Mais nos terres l’éconduisent
Sans nommer sa fleur.

Ainsi se perdent
Les moissons
Ainsi s’embourbent
Les songes
Ainsi chavirent
les jours

Ainsi péri
L’instant.

(Andrée Chedid)

Illustration: Brad Kunkle

 

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Jeunesse (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



Jeunesse

Tes lèvres happent l’étoile
Ton rire force l’été
La liberté est ce silex
Que tu affûtes
Et je recule ô mon fils
Sur l’horizon léger
Et je m’attarde
Pour que jeunesse te soit gardée.

(Andrée Chedid)

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Le temps de ma mort (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



Le temps de ma mort

Quand viendra le temps de ma mort
Petite fille que pourras-tu
Comme robe au vent
Sèchent les pleurs

Qu’est-ce que j’emporte
Même pas ton cri
Qui bondissait en moi
Comme un jeune chevreau

Petite fille éloigne-toi
Quand je serai de terre
Cette mère d’absence et d’ivoire
Fuis ce n’est plus moi.

(Andrée Chedid)

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RETOUR AU VISAGE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

KESA-FINALE003

RETOUR AU VISAGE

Je veille au portail des mots,
J’entrevois l’empire des images.

Des océans me saisissent,
Des vies m’ont irrigué.

Je m’écartèle aux terres adverses,
Je foisonne de soleils en fragments.

Mais si je reviens au visage,
C’est par ivresse du tendre argile.

Et si je célèbre le visage,
C’est pour sa brèche sur l’unité.

(Andrée Chedid)

Illustration: Katyveline Ruiz

 

 

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L’HOMME FERTILE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

Don Hong-Oai  -21-4845d

L’HOMME FERTILE

L’astre n’a que ses randonnées
Pas de graines au corps minéral

Mais l’homme fertile
Déborde
De ce qui ne s’achève pas.

(Andrée Chedid)

Illustration: Don Hong-Oai 

 

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SURGIR DU MOT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

Cristina Pérez de Villar  sonidosdelmar [1024x768]

SURGIR DU MOT

Parfois le mot
bouscule les grilles du langage

Parfois le mot
emporte et chevauche ma durée

Parfois le mot
échappe à la férule des mots

Parfois Je deviens
ce que j’ai nommé

Alors
la VIE !
Parfois

(Andrée Chedid)

Illustration: Cristina Pérez de Villar

 

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NOTRE HUBLOT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

hublot

NOTRE HUBLOT

En quel lieu, évanouis,
L’accord de nos lèvres,
Nos mains de ce jour-là,
Nos yeux de telle saison ?

En quel brasier confus,
Les rameaux du vertige ?

En quel lointain friable,
Les crêtes de notre sang ?

Mais par tous ces instants
Et pour chaque battement d’âme,
A cause de nos questions
Sous tant de lampes croisées :

La mer Toute la mer
S’est prise à notre hublot.

(Andrée Chedid)

Illustration: Laetitia Pique

 

 

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DES SOLEILS ENCORE VERTS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

Daniel Siguier  soleil vert  752

DES SOLEILS ENCORE VERTS

Plus loin plus loin que nous
Forgés d’autres mythes
Se hisseront des soleils
A face insoupçonnée !

Saignant de toutes nos plaies
Gonflés de nos racines
Se lèveront d’autres soleils

Des Soleils encore verts !

(Andrée Chedid)

Illustration: Daniel Siguier

 

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L’ÉCART (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

Aat Verhoog (14)

L’ÉCART

Souvent j’habite mon corps
jusqu’aux creux des aisselles
Je me grave dans ce corps
jusqu’aux limites des doigts
Je déchiffre mon ventre
Je savoure mon souffle
Je navigue dans mes veines
à l’allure du sang

Sur mes pommettes la brise prend appui
Mes mains touchent aux choses
contre ma chair ta chair m’établit

Souvent d’être mon corps
J’ai vécu
Et je vis

Souvent d’un point sans lieu
Ce corps je l’entrevois
martelé par les jours
assailli par le temps

Souvent d’un point sans lieu
J’assourdis mon histoire
De l’avant à l’après
je conjugue l’horizon

Souvent d’un point sans lieu
Ce corps je le distance

Et de cet écart même
en alternance
Je vis.

(Andrée Chedid)

Illustration: Aat Verhoog

 

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