Arbrealettres

Poésie

La géante (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Illustration: Tarsila do Amaral

    

La géante

Du temps que la Nature en sa verve puissante
Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante,
Comme aux pieds d’une reine un chat voluptueux.

J’eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
Et grandit librement dans ses terribles jeux ;
Deviner si son coeur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;

Parcourir à loisir ses magnifiques formes ;
Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
Et parfois en été, quand les soleils malsains,

Lasse, la font s’étendre à travers la campagne,
Dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins,
Comme un hameau paisible au pied d’une montagne.

(Charles Baudelaire)

Illustration

 

4 Réponses to “La géante (Charles Baudelaire)”

  1. J’aime particulièrement ce poème, surtout le deuxième tiercet, particulièrement évocateur.. Personnellement, je ne l’aurais pas illustré avec la phothographie d’un chat, si beau soit-il, et l’ un des tiens je suppose, membre de ta « chatterie ».

  2. Pedro said

    plutôt qu’un chat, je suggère le tableau de Tarsila do Amaral : Abaporu. http://artedescrita.blogspot.com/2012/08/abaporu-de-tarsila-do-amaral.html

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