Arbrealettres

Poésie

Bouddha (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018




    
Bouddha

Comme s’il écoutait. Silence : un lointain…
Nous retenons notre souffle et ne l’entendons pas.
Il est étoile. Entouré d’étoiles plus grandes
que nous ne voyons pas.

Il est tout. Nous attendons-nous vraiment
à ce qu’il nous voie ? En aurait-il besoin ?
Et quand on se prosterne il reste loin
profond et pesant comme un animal.

Car ce qui nous jette à ses pieds
circule en lui depuis le fond des millénaires.
Négligeant notre savoir
il pénètre ce qui nous rejette.

*

Bouddha

De loin déjà le pèlerin, craintif étranger,
ressent cette pluie d’or qui ruisselle de lui;
comme si des riches, soucieux de se racheter,
avaient amassé là tous leurs trésors.

Mais en s’approchant il est troublé
par la majesté de ces sourcils;
ce qu’il voit là ne ressemble guère
ni à leur vaisselle ni aux pendants d’oreilles
que portent leurs femmes.

Ah, si quelqu’un pouvait donc dire
quelles furent les choses qu’il fallut fondre
pour ériger dans le calice d’une fleur
cette image plus muette d’un jaune plus calme
que celui de l’or et qui effleure
tout l’espace autant que soi-même.

*

Bouddha en majesté

Coeur de tous les coeurs, centre de tous centres,
amande qui se clôt et perd son amertume, —
tout cela jusqu’aux étoiles
est ta pulpe : Je te salue.

Vois, tu le sens : rien à toi ne tient plus;
ta coque est dans l’infini,
la vigueur de ta sève s’y presse.
Et du dehors l’aide un rayonnement,

car tout là-haut tes soleils
pleins et ardents sont renversés.
Mais en toi déjà et né
ce qui surmonte tout soleil.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

Une Réponse to “Bouddha (Rainer Maria Rilke)”

  1. Buddha
    ———-

    Als ob er horchte. Stille: eine Ferne …
    Wir halten ein und hören sie nicht mehr.
    Und er ist Stern. Und andre große Sterne,
    die wir nicht sehen, stehen um ihn her.

    O er ist Alles. Wirklich, warten wir,
    daß er uns sähe? Sollte er bedürfen?
    Und wenn wir hier uns vor ihm niederwürfen,
    er bliebe tief und träge wie ein Tier.

    Denn das, was uns zu seinen Füßen reißt,
    das kreist in ihm seit Millionen Jahren.
    Er, der vergißt was wir erfahren
    und der erfährt was uns verweist.

    Buddha
    ——–

    Schon von ferne fühlt der fremde scheue
    Pilger, wie es golden von ihm träuft;
    so als hätten Reiche voller Reue
    ihre Heimlichkeiten aufgehäuft.

    Aber näher kommend wird er irre
    vor der Hoheit dieser Augenbraun:
    denn das sind nicht ihre Trinkgeschirre
    und die Ohrgehänge ihrer Fraun.

    Wüßte einer denn zu sagen, welche
    Dinge eingeschmolzen wurden, um
    dieses Bild auf diesem Blumenkelche

    aufzurichten: stummer, ruhiggelber
    als ein goldenes und rundherum
    auch den Raum berührend wie sich selber.

    Buddha in der Glorie
    ——————

    Mitte aller Mitten, Kern der Kerne,
    Mandel, die sich einschließt und versüßt, –
    dieses Alles bis an alle Sterne
    ist dein Fruchtfleisch: Sei gegrüßt.

    Sieh, du fühlst, wie nichts mehr an dir hängt;
    Im Unendlichen ist deine Schale,
    und dort steht der starke Saft und drängt.
    Und von außen hilft ihm ein Gestrahle,

    denn ganz oben werden deine Sonnen
    voll und glühend umgedreht.
    Doch in dir ist schon begonnen,
    was die Sonnen übersteht.

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