Arbrealettres

Poésie

La Mort donne un sens à l’Objet (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



La Mort donne un sens à l’Objet
Sur quoi l’OEil eût glissé
A moins qu’un Être disparu
Tendrement nous supplie
De penser devant de petits ouvrages
Au Pastel – ou en laine –
«C’est le dernier qu’ont fait Ses doigts » —
Si diligents avant –

Que le Dé ne pèse trop lourd –
Que les points ne cessent – d’eux-mêmes –
Alors on l’a rangé parmi la Poussière
Sur les étagères du Placard –

J’ai un Livre – offert par un ami –
Dont le Crayon – ici et là –
A coché tel passage qu’Il aimait –
Au Repos – sont Ses doigts –

Aujourd’hui – je le lis – sans le lire –
Les Larmes m’interrompent –
Effacent les Gravures
À Réparer, hors de Prix –

***

Death sets a Thing significant
The Eye had hurried by
Except a perished Creature
Entreat us tenderly

To ponder little workmanships
In Crayon — or in wool —
With « This was last Her fingers did »—
Industrious until —

The Thimble weighed too heavy –
The stitches stopped — themselves —
And then ’twas put among the Dust
Opon the Closet shelves –

A Book I have – a friend gave –
Whose Pencil – here and there –
Had notched the place that pleased Him —
At Rest – His fingers are –

Now – when I read – I read not —
For interrupting Tears –
Obliterate the Etchings
Too Costly for Repairs –

(Emily Dickinson)

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7 Réponses to “La Mort donne un sens à l’Objet (Emily Dickinson)”

  1. Mireille Gaglio said

    C’est vrai!
    Le fait de savoir que tel ou tel objet a été fait ou a appartenu à un être cher, malheureusement disparu, lui donne une tout autre valeur – parfois inestimable, sans aucun rapport avec sa valeur « marchande » – parce que c’était à Lui, ça vient de Lui, ses doigts l’ont touché, ses yeux l’ont regardé, peut-être l’a-t-il aimé… Et, à travers cet objet, il nous semble retrouver le cher disparu…

  2. Cette chère Emily.
    J’ai gardé un petit ouvrage de maman où elle plaçait ses aiguilles. Aurait-il appartenu à ma grand-mère ? Qui sait. Cet objet se trouvait dans sa belle boîte à couture. D’autres ayant appartenu à mes grands-parents. A transmettre pour l’amour de l’identité, de la filiation.
    Bises poète. Geneviève

  3. A reblogué ceci sur brindille33et a ajouté:
    Un poème sur la transmission de nos ascendants. Je me souviens de livres de maman, du dé à coudre, et ai gardé comme dit dans ma réponse chez le messager des poèmes, un petit ouvrage fait main pour y mettre les aiguilles à coudre.

  4. josydhoest said

    Voici longtemps que j’y pense et voici le temps de mes 78 ans où, lorsque je regarde cet objet si cher à mon coeur,
    je ne peux que me répéter  » Que fera ma fille ou mon petit-fils de ce vase superbe passé de « coeur en coeur » par mon arrière grand-mère ayant vécu dans les années 1800 ?

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