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Poésie

Archive for 24 décembre 2018

LE VILLAGE (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



LE VILLAGE

Le village quadrille le soleil
damier de soufre et de salpêtre
pêcherie des souffrances tues

Le long apprentissage à n’être rien
en nos veines descend monacale brûlure
et l’orgueil se consume
et chaque ombre ferme son poing
sur un vacillement de vie
telle une lampe à jamais sous le vent
s’enferme en sa fragilité

Ô ces longs regards sous la pierre
qu’ouvre tout grand la lourde obscurité
toujours prompte à peser dans les choses
L’absence d’espérer alourdit les paupières
jusqu’au nocturne poids du végétal

Amère finitude
qui restreint l’âme à la chair
la chair à la faim la faim à la nuit

(Roland Brachetto)

Illustration

 

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FÊTE AUX VILLAGES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



FÊTE AUX VILLAGES

Le matin, nous passerons
— Nous deux, le cousin Alphonse —
Nos joues à la pierre ponce
Et puis nous emprunterons
Le char-à-bancs du Léonce.

A la fête nous irons
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Pour manger des macarons
Poursuivre des laiderons
Jusqu’au coeur des haies de ronces,

Tirer à la loterie
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Pour des vases compliqués
Pour qu’au fond un oeil y rie
De nos culs alambiqués.

Le soir nous nous saoulerons
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Dans les fossés roulerons
Au jour les jôs chanteront,
Nous n’y ferons point réponse !

L’endemain nous reprendrons
– Nous deux, le cousin Alphonse-
La charrue les mancherons
Et nous nous dessoulerons
Sur la terre où l’on enfonce

Quelle vie que nous vivons
– Nous deux, le cousin Alphonse !

(Maurice Fombeure)

 

 

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Au ras de l’eau un vol de cygnes (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Illustration
    
Au ras de l’eau
un vol de cygnes
remonte le fleuve
et le lourd battement mécanique de leurs ailes
a fait taire les cris des enfants
jouant sur l’autre rive

(Jean-Pierre Chambon)

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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A SA MÈRE (Eurydice El-Etr)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



 Illustration
    
A SA MÈRE

Je t’aime plus
que je t’aime.

(Eurydice El-Etr)

 

Recueil: Je tousse de la lumière
Traduction:
Editions: La Délirante

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FÊTES DE VILLAGE EN PLEIN AIR (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



 

Carl Larsson  -« Petit déjeuner dans le parc » [1280x768]

FÊTES DE VILLAGE EN PLEIN AIR

Le bal champêtre est sous la tente.
On prend en vain des airs moqueurs ;
Toute une musique flottante
Passe des oreilles aux coeurs.

On entre, on fait cette débauche
De voir danser en plein midi
Près d’une Madelon point gauche
Un Gros-Pierre point engourdi.

On regarde les marrons frire ;
La bière mousse, et les plateaux
Offrent aux dents pleines de rire
Des mosaïques de gâteaux.

Le soir on va dîner sur l’herbe ;
On est gai, content, berger, roi,
Et, sans savoir comment, superbe,
Et tendre, sans savoir pourquoi.

Feuilles vertes et nappes blanches ;
Le couchant met le bois en feu ;
La joie ouvre ses ailes franches :
Comme le ciel immense est bleu!

(Victor Hugo)

Illustration: Carl Larsson 

 

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Quand sous un mur (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Tombe-de-Blok  [800x600]

Quand sous un mur, dans les orties,
Mes pauvres os seront pourris,
Quelque tardif historien
Écrira une oeuvre importante.

Il martyrisera, le maudit,
Des écoliers innocents :
Dates de naissance et de mort,
Tas de citations mal choisies !

Triste sort qu’une vie si confuse,
Difficile ensemble, et oisive :
Devenir la chose d’un docteur,
Et grossir l’armée des critiques !

Ah, pouvoir se terrer sous les herbes,
S’endormir d’un sommeil éternel !
Taisez-vous donc, livres maudits :
Je ne vous ai jamais écrits !

(Alexandre Blok)

 Illustration

 

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Toujours (Alain Jouffroy)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




    
Toujours comme à la veille d’une catastrophe
ou au lendemain d’une fête.

(Alain Jouffroy)

 

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Tu es belle, ma mère (René Char)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Fete-mamans [800x600]

Tu es belle, ma mère,
Comme un pain de froment.
Et, dans tes yeux d’enfant,
Le monde tient à l’aise.

Ta chanson est pareille
Au bouleau argenté
Que le matin couronne
D’un murmure d’abeilles.

Tu sens bon la lavande,
La cannelle et le lait ;
Ton cœur candide et frais
Parfume la maison.

Et l’automne est si doux
Autour de tes cheveux
Que les derniers coucous
Viennent te dire adieu.

(René Char)

 Illustration

 

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EN GUISE DE FETE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



chandelels wi

EN GUISE DE FETE

Le soleil luit
Le soleil luit
Le monde est complet
Et rond le jardin.

J’ai allumé
Deux chandelles
Deux feux de cire
Comme deux fleurs jaunes.

Le jour pourrit
Les feux de nuit,
Deux fleurs fanées,
Aux blanches tiges d’église ;

Le monde est en ordre
Les morts dessous
Les vivants dessus.

Les morts me visitent
Le monde est en ordre
Les morts dessous
Les vivants dessus.

Les morts m’ennuient
Les vivants me tuent.

J’ai allumé
Deux fleurs tremblantes,
J’ai pris mes yeux
Dans mes mains
Comme des pierres d’eau

Et j’ai dansé
Les gestes des fous
Autour de mes larmes
En guise de fête.

(Anne Hébert)

Illustration

 

 

 

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Les pas (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018


 

Les pas entendus
le corps, les visages, les mains
se fondent au village
à grands arbres sculptés.
Il n’y a plus de temps à perdre
répète une voix.
Ce sont pourtant les mêmes pas
que dans la glaise des matins
où brillaient le cuivre et l’étain.
L’avenir se cache dans les plis
des rideaux figés
le pain fait la chair.

(Jean Follain)

Illustration

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