Arbrealettres

Poésie

Archive for 27 décembre 2018

La peine avance (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

Anna Lea Merritt Eve-in-the-Garden-of-Eden-1885-Anna-Lea-Merritt

La peine avance par vagues immenses,
elle passe, nous épargne,
Elle use de nous, nous en usons
elle est aveugle quand nous voyons

La conscience ne se limite pas
trop bonne pour y renoncer
sentirions-nous de la détresse
et sachant qu’elle cédera

(Lorine Niedecker)

Illustration: Anna Lea Merritt

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

POUR PAUL (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

roi-des-oiseaux-3

POUR PAUL

Paul
six ans déjà
ce livre que j’aimais sur les oiseaux
je te le donne.
J’ai pensé que Paul peut-être,
aujourd’hui plus grand que les typhas
autour de la Mare aux Canards
entre la rivière et le Détroit
garderait ce livre intact
y reviendrait chaque été

Paul peut-être

(Lorine Niedecker)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Départ (Jean Rivet)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



Le Départ

Père, cette brève mais éternelle
et inoubliable odeur de tilleul
dans le vaisseau rose du soir.
Le petit garçon s’en va,
toi seul te retournes dans la rue:
il devient ce point qui tremble
dans l’eau pure de tes yeux.

(Jean Rivet)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Matin d’épais brouillard (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

femme dans le brouillard

Matin d’épais brouillard –
je ne vois
que là où je pose le pied. Je porte
ma propre
clarté.

***

Fog-thick morning—
I see only
where I now walk. I carry
my clarity
with me.

(Lorine Niedecker)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | 1 Comment »

Mémé écosse des petits pois (Jean-Pascal Dubost)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

petits pois

Mémé écosse des petits pois,
tu fais tourner la meule
aiguises les couteaux la faux
et la sarclette,
il y a
le silence pesant et tacite
des vieux paysans,
il y a
moi qui cours partout
et qui n’ai pas encore compris.

J’AI L’AGE DE COMPRENDRE PLUS TARD

(Jean-Pascal Dubost)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Essaie de les retenir (Constantin Cavafis)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018


 


 

Anne-François-Louis Janmot (5)

Essaie de les retenir, poète,
même s’il y en a peu qui s’arrêtent.
Les visions de ton désir.
Glisse-les, à demi voilées, dans tes phrases.
Essaie de les retenir, poète,
quand elles surgissent dans ton cerveau,
la nuit ou dans le plein éclat de midi.

(Constantin Cavafis)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’étonnement (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

L’étonnement

Le plus que l’homme puisse atteindre
est l’étonnement,
et si le premier phénomène l’étonne,
qu’il soit satisfait.
Pas davantage ne pourra lui être donné,
et rien de plus il n’aura à chercher.
Là est la limite.

(Goethe)

Illustration

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la respiration sont incluses deux grâces (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



Dans la respiration sont incluses deux grâces:
Aspirer l’air, et s’en délivrer.
L’un oppresse, l’autre soulage;
Tel est le merveilleux mélange de vie.
Remercie donc Dieu quand il te presse,
Et remercie-le encore quand il te relâche à nouveau.

***

Im Atemholen sind zweierlei Gnaden:
Die Luft einziehn, sich ihrer entladen.
Jenes bedrängt, dieses erfrischt;
So wunderbar ist das Leben gemischt.
Du danke Gott, wenn er dich presst,
Und dank’ ihm, wenn er dich wieder entlässt.

(Goethe)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

LA MAIN AU FEU (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



LA MAIN AU FEU

Au bout de la journée
Je cherche un point d’appui :
Le soleil a choisi
Un talus pour l’épaule.
Dans les décombres vains
Bat le coeur fou du temps,
Dans l’abîme s’entasse
Le sable fin des rêves,
Sous la ronce et la pierre
L’éternité sommeille.
Vienne le vent qui blesse
Le velours de tes lèvres.
Chaque pas fait le bruit
De la mer qui recule.
Immortelle et cachée
Dans le terreau des caves,
La révolte grandit
Et calcule ses chances.
La muraille est griffée
De traits blancs et de chiffres.
Objet de ton délire,
Sur le dernier caillou
Le vieil été se saigne.
Il suffoque et je crie.

(Albert Ayguesparse)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les spirales des passereaux (Raoul Schrott)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



les spirales des
passereaux
l’arête de leurs ailes
pèle le ciel
en lamelles
comme une pomme

***

die spiralen der
sperlinge mit der
kante des flügels
schälen sie den
himmel in streifen
wie einen apfel

(Raoul Schrott)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :