Arbrealettres

Poésie

Archive for 4 janvier 2019

Vous qui par jeu pénétrez notre ciel (Giani Esposito)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2019



Vous qui par jeu pénétrez notre ciel
Altérez notre soif pour que l’avide
en nous l’enseveli le seul vivant
se défigure
à votre image soit
l’espace
et l’inquiet mouvement d’ailes
le don de soi
et la clarté diffuse
qu’il soit énigme
à votre ressemblance
utile autant qu’un divertissement
et rêverie autant qu’une idée-mère

Oiseaux des profondeurs
vous qui jamais
n’avez quitté la face des abîmes
poètes

(Giani Esposito)

Illustration: Chantal Dufour

 

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L’AMOUREUSE (Guy Bellay)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2019



L’AMOUREUSE

Aussi mystérieuse en sa blancheur qu’une bête en son pelage,
elle attend l’effrayant plaisir. La douceur de ses seins ne la protège plus.

Pour qu’il ne regarde que ses yeux elle les fait radieux,
suppliant qu’elle ne soit pas une vision tenue à bout de hanches.

Elle a tant fait pour être présente et que le malheur soit comblé…
Elle se renverse dans son double, d’un bloc, comme une pelletée de terre dans un fossé.

La ville peut refermer son dos sur eux.
Elle sortira par les petits guichets du matin,
la peau à vif couverte jusqu’au menton.

(Guy Bellay)

 

 

 

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Un savoir infini (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2019



Illustration: Gabriel Gebka
    
Un savoir infini coule entre les rives,
tu regardes l’eau chargée du sang des hommes,
tu es uni au fleuve et au ciel.

Et le temps qui te semblait passer
n’est plus du temps.

Tu te souviens de la présence
sans nom des choses comme d’une musique
mentale et proche et presque lisible.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chaque chose est irréfutable (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2019




    
Chaque chose est irréfutable
et s’abîme dans la réalité de son nom :
cette colline bleue, la table où tu écris.

L’heure elle-même est devenue transparence,
éternité d’un instant.

Tu vis dans la dissipation
d’une présence sans ombre
avec un regard éclairé.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Désir du désir (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2019



Illustration
    
Désir du désir jamais rassasié du corps
de l’autre comme d’un horizon qui s’éloigne
à mesure. Ici tout tremble

De volupté, danse qui de toi
te rapproche, rose de chair heureuse

respirée dépliée
sous un plafond d’étoiles
et d’inquiétude.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Peu à peu les noms s’effacent (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2019




    
Peu à peu les noms
s’effacent
après avoir tant fulguré.

Dans la nuit
étoiles et chimères tombent.

Ils sont apparus, ils ont disparu.
Reste une vibration, un vol
d’oiseaux pathétiques dans le ciel constant.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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