Arbrealettres

Poésie

Archive for 11 janvier 2019

La neige doucement descend (Issa)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



la neige doucement descend
hier encore il n’y avait pas cette pancarte
chambre à louer

(Issa)

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Délia (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




Délia, parmi toutes ces feuilles
de l’arbre de vie,
ta présence
au feu,
ta vertu
de rosée:
dans le vent irrité
une colombe.

(Pablo Neruda)

Illustration: Lucien Lévy-Dhurmer

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J’ai grandi en baignant dans l’eau de la nature (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




J’ai grandi en baignant dans l’eau de la nature
tel le mollusque dans le phosphore marin :
le sel brisé qui me heurtait et m’emplissait
de son écho, construisait mon propre squelette.
Comment vous expliquer : sans mouvement ou presque
de cette respiration, bleue haleine amère,
une à une les vagues répétèrent
ce que je pressentais et qui palpitait là,
et pour finir sel et écume me formèrent :
le dédain et aussi le désir d’une vague,
le rythme vert qui au coeur de l’impénétrable
bâtit un édifice transparent,
ce secret-là se maintint ferme et aussitôt
Je sentis que mon coeur battait à l’unisson :
que mon chant grandissait en même temps que l’eau.

(Pablo Neruda)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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[GRAND MERCI, VIOLONS…] (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019


[GRAND MERCI, VIOLONS…]

Grand merci, violons, pour ce jour
à quatre cordes. Pure
est la sonorité du ciel,
la voix bleue de l’air.

(Pablo Neruda)


Illustration: Claude Sauzet

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ODE A LA LUMIÈRE ENCHANTEE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




ODE A LA LUMIÈRE ENCHANTEE

La lumière sous les arbres,
la lumière du haut ciel.
La lumière
verte
entrée aux branches,
fulgurante
sur la feuille
et qui tombe comme un frais
sable blanc.

Dans la transparence,
une cigale fait monter
sa musique de scierie.

Le monde
est une coupe pleine
d’eau.

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Acceptez-vous quelques piquants? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Acceptez-vous quelques piquants?
a-t-on demandé au rosier.

(Pablo Neruda)

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Est-il vrai (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Est-il vrai que l’ambre contient
les pleurs versés par les sirènes ?

Comment s’appelle cette fleur
qui vole d’un oiseau à l’autre ?

Ne vaut-il mieux jamais que tard ?

Et pourquoi le fromage a-t-il
pour ses exploits choisi la France ?

(Pablo Neruda)

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La nuit dans l’île (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



La nuit dans l’île

Toute la nuit j’ai dormi avec toi
près de la mer, dans l’île.
Sauvage et douce tu étais entre le
plaisir et le sommeil, entre
le feu et l’eau.

Très tard peut-être
nos sommeils se sont-ils unis
par le sommet ou par le fond,
là-haut comme des branches
agitées par le même vent,
en bas comme rouges racines se
touchant.

Peut-être ton sommeil
s’est-il aussi dépris du mien
et sur la mer et sur sa nuit
m’a-t-il cherché
comme avant toi et moi,
quand tu n’existais pas encore,
quand sans t’apercevoir
je naviguais de ton côté
et que tes yeux cherchaient
ce qu’aujourd’hui
– pain, vin, amour, colère –
je t’offre à pleines mains
à toi, la coupe
qui attendait de recevoir les
présents de ma vie.

J’ai dormi avec toi
toute la nuit alors
que la terre en sa nuit tournait
avec ses vivants et ses morts,
et lorsque je me réveillais
soudain, par l’ombre environné,
mon bras te prenait par la taille.
La nuit ni le sommeil
n’ont pu nous séparer.

J’ai dormi avec toi
et ta bouche, au réveil,
sortie de ton sommeil
m’a donné la saveur de la terre,
d’algues, d’onde marine,
qui s’abrite au fond de ta vie.
Alors j’ai reçu ton baiser
que l’aurore mouillait
comme s’il m’arrivait
de cette mer qui nous entoure.

(Pablo Neruda)


Illustration: Alexandre Cabanel

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AU VENT SUR LA PIERRE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



AU VENT SUR LA PIERRE

Sur le rocher nu
et dans les cheveux
un vent
de pierre et de vague.
Tout a mué au fil des heures.
Le sel a été lumière salée,
la mer a épanoui
ses nuages,
le ciel
a déversé de tout son haut l’écume verte:
comme une fleur
clouée à quelque
lance d’or
le jour flamboie :
tout
est
cloche, coupe,
vide qui monte,
coeur transparent,
pierre
et
eau.

(Pablo Neruda)

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[SI CHAQUE JOUR…] (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



[SI CHAQUE JOUR…]

Si chaque jour
tombe dans chaque nuit
il existe un puits
où la clarté se trouve enclose.

Il faut s’asseoir sur la margelle
du puits de l’ombre
pour y pêcher avec patience
la lumière qui s’y perdit.

(Pablo Neruda)


Illustration

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