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Poésie

Archive for 1 février 2019

De l’autre côté du monde (Ion Deaconescu)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019




    
De l’autre côté du monde

Jamais le poète n’oubliera
Ni les racines du feu
Ni la lumière du verbe.
Ses yeux que l’étonnement élargit
Saisissent le revers du monde.
Au-delà de l’agitation de l’aube
Au bord de son cœur
S’échoue l’éternité.

***

DINCOLO DE LUME

Poetul n-o să uite niciodată
Rădăcinile focului
Și ale luminii cuvântului.
Ochii lui dilatați de uimire
Văd dincolo de lume
Și de neliniștea zorilor.
Pe țărmul inimii sale
Naufragiază eternitatea.

***

Aan gene zijde van de wereld

Nooit zal de dichter
De wortels van het vuur vergeten
Noch het licht van het woord.
Zijn door verwondering verbrede ogen
Vatten de keerzijde van de wereld
Achter de rusteloosheid van de dageraad.
Aan de oever van zijn hart
Strandt de oneindigheid.

***

Beyond the World

The poet will never forget
the roots of fire
nor the light of the word.
His eyes, widened with wonder,
see beyond the world
behind the restlessness of dawn.
At the shore of his heart,
stranded in eternity.

***

ΠΕΡΑΝ ΤΟΥ ΚΟΣΜΟΥ

Πέραν του κόσμου
ο ποιητής ποτέ δεν ξεχνά
τη σπίθα που ανάβει
τη φωτιά, ούτε
το πνεύμα του λόγου
με μάτια διάπλατα ανοιχτά
διαβλέπει την άλλη μεριά του κόσμου
πίσω απ’ τη διστακτικότητα
του λυκαυγές
στην αμμουδιά της καρδιάς του
στέκεται η αιωνειότητα

***

Al di là del mondo
Il poeta mai dimenticherà
le radici del fuoco
né la luce della parola.
I suoi occhi, spalancati di stupore
percepiscono il lato opposto del mondo
dietro l’alba senza riposo.
Sulla riva del suo cuore
riposa l’infinito.

***

DETRÁS DEL MUDO

El poeta nunca olvidará
Las raíces del fuego
Ni la luz de la palabra.
Sus ojos dilatados con el asombro
Conciben el reverso del mundo
Detrás de la inquietud del amanecer.
En la orilla de su corazón
Encalla el infinito.

***

超越世界

诗人永远不会
忘记火的根
也不会忘词语的光。
他因惊奇而睁大了眼睛
在不安的黎明背后
他感知世界的另一面。
在他心灵的滨岸
搁浅无限时空。

Chāoyuè shìjiè
shīrén yǒngyuǎn bù huì
wàngjì huǒ de gēn
yě bù huì wàng cíyǔ de guāng.
Tā yīn jīngqí ér zhēng dàle yǎnjīng
zài bù’ān dì límíng bèihòu
tā gǎnzhī shìjiè de lìng yīmiàn.
Zài tā xīnlíng de bīn àn
gēqiǎn wúxiàn shíkōng.

***

Jenseits der Welt

Nie wird der Dichter
Die Wurzeln des Feuers vergessen
Und das Licht des Wortes.
Seine vor Staunen geweiteten Augen
Erfassen die Kehrseite der Welt
Hinter der Unrast der Morgendämmerung.
Am Ufer seines Herzens
Strandet die Unendlichkeit.

(Ion Deaconescu)

 

Recueil: ITHACA 568
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Roumain  original / Néerlandais / Anglais Stanley Barkan / Grec Manolis Aligizakis / Italien Luca Benassi  / Espagnol Rafael Carcelén / Chinois William Zhou / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura / Allemand Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Nous sommes d’une source (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



Illustration
    
Nous sommes d’une source
Qu’aucune pluie n’abreuve
Mais qui ne tarit pas

Nous sommes d’un matin
Arraché à la nuit
Par un autre soleil

Nous sommes d’une origine
Sans étoiles certaines

Nous sommes d’un amour
Aussi vaste que le vent
Aussi nu qu’un désert

Nous sommes d’une communion
Dont nous sommes le centre
Et le cercle infini

Nous sommes d’une symphonie
L’instrument et l’archet
Et la main qui relève

Nous sommes d’un silence
Que nul chant nul feuillage
Ne sauraient contenter

Nous sommes d’un chemin
Sans bornes et sans tracé
Que visite l’Ouvert

Nous sommes d’une foi
Sans rives et sans frontière
Aux doutes traversés

Nous sommes d’une forêt
Dont nous sommes l’aubier
La racine et la cime

Nous sommes d’une mélodie
Que chaque chant d’oiseau
Consent à imiter

Nous sommes des moissons
Le couvert et le pain
La table partagée

Nous sommes de ce pays
Qui nous change à mesure
Où l’on n’arrive jamais

Nous sommes de cette voix
Qui murmure notre nom
Dans le souffle d’un été

Nous sommes de ce printemps
Dont les branches nous frôlent
Sans jamais nous toucher

Nous sommes d’une blessure
Dont le feu couve en nous
Élargit nos foyers

Nous sommes d’une parole
Non encore entendue
Toujours à écouter

Nous sommes pour chacun
L’eau du puits et le seau
La margelle où puiser

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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LIBERTÉ (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



Illustration
    
LIBERTÉ

Ce n’est rien, ta mort, petit yéménite…

Existe-t-il un mot
moins souillé de ravages
de douleur et de sang
que celui de liberté ?

Sans relâche le roulement du tambour
les guerres ne sont plus déclarées
mais poursuivies

Des drapeaux sont hissés
ou baissés
victoire ou oppression
le temps seul sait.

Ah liberté
où es-tu en Afrin, en Palestine,
en Syrie, en Afghanistan, en…

Non, pour toi non plus
pas de paix, petit yéménite
Envoies-tu un selfie sur Face Book
avant que sous peu sans paix ou liberté
tu ne sois condamné à mourir de faim ?

***

FREEDOM

It’s nothing, your death, little Yemenite …

Is there a word
less stained with destruction
suffering and blood
than freedom?

Continuously the drums beat
the wars are no longer declared
but continued
Flags are hoisted
or knocked down
victory or defeat
only time knows

Oh freedom
where are you in Afrin, in Palestine,
in Syria, in Afghanistan, in …

No, neither for you
is peace, little Yemenite
Send a selfie to Face Book
before you have to die of hunger
without freedom, without peace.

***

自 由

小也门人,你的死,无关紧要……

有一个单词
比自由更少
受痛苦与鲜血
破坏的玷污吗?
鼓在持续地敲响
不再宣示战争
战争却继续
旗子升起
或降落
胜利还是失败
只有时间知道
在非洲、在巴勒斯坦、在叙利亚
在阿富汗,在……
哦,自由,你在哪里?
不,还有不适合你的
是和平,小也门人
发送一张自拍照到脸书
因为饥饿你只得死亡
没有自由没有和平。

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil:
Traduction: Français Elisabeth Gerlache Chinois William Zhou
Editions: POINT(P0ésie INTernationale)

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JE ME SUIS RETIRÉ (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



 
Illustration: ArbreaPhotos
    

JE ME SUIS RETIRÉ

Je me suis retiré du néant
A peine.
Je suis presque sans rien sur le rivage.
La confiance, la foi, le courage
Je fis pour eux un effort d’insecte fervent.

Des algues me couvraient,
Avec des coquillages je jouais.

Même quand je joue
Avec les branches qui me couvrent,

Je suis avec vous tous
Je suis votre peur de la mort.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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