Arbrealettres

Poésie

LA VIE HUMAINE (Jules-Lefèvre Deumier)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



Duy Huynh -   (45)
LA VIE HUMAINE

Notre vie est semblable à l’étoile qui file,
Au nuage d’albâtre où l’azur se faufile,
Au chant du passereau sur les buissons verdis,
Au vol de l’aigle errant autour du paradis ;
Aux grains d’argent tombés du voile de l’aurore,
Au flambeau vacillant dans les ombres qu’il dore,
Au papillon rôdeur qui le prend pour le jour,
Aux brises d’orient, dont le volage amour
Soulève des ruisseaux l’humide rêverie,
Aux sillons dont il brode en courant la prairie
A cet arc sept fois teint d’une splendeur d’emprunt
A l’insecte de feu qui luit sous un ciel brun
Au son de l’Angelus que la cloche soupire,
A l’encens d’une fleur que le printemps respire
Aux récits des amants, le soir, sous les bouleaux

Tout cela, c’est la vie ; et ces riants tableaux
N’en sont tous cependant qu’une affligeante image.
L’étoile qui s’envole a le sort du nuage ;
Le passereau s’enfuit, l’aigle ne revient pas ;
Les larmes du matin se sèchent sous nos pas ;
Le papillon se brûle à des flambeaux qui meurent
Jamais les plis du vent sur les prés ne demeurent
L’arc-en-ciel se déflore au soleil qui le peint,
La cloche en pleurs se tait, le ver luisant s’éteint,
L’encens s’évanouit ; l’histoire commencée
S’arrête : rien n’écoute… et la vie est passée !

(Jules-Lefèvre Deumier)

Illustration: Duy Huynh

3 Réponses to “LA VIE HUMAINE (Jules-Lefèvre Deumier)”

  1. flipperine said

    la vie une grande roue qui tourne, un train qui va vite

    • Deux ou trois vieux bouquins au bord d’une rivière ;
      L’amphore rafraîchie au fond de l’eau qui court,
      Les voix de la forêt qui chantent tour à tour.
      Ni drame familial, ni souci de carrière.

      L’ermite, retrouvant l’innocence première
      De notre père Adam, laisse passer les jours
      Qui, dans ces conditions, ne lui sont point trop lourds,
      Lisant, goûtant son vin, sans faire de manières.

      Son coeur n’est point chargé du soin des lendemains ;
      Il planifie un peu, cependant (c’est humain) ;
      Même, il fait son métier, il produit, il consomme ;

      Mais ces obligations ne l’emprisonnent pas :
      D’une saine lecture et d’un frugal repas,
      L’ermite est plus heureux que le pape dans Rome.

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