Le lierre noir et la rose églantine (Stuart Merrill)
Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019
Le lierre noir et la rose églantine
Défendent les portes du jardin
Où le soir d’un printemps qui s’obstine
Est tout d’azur et d’incarnadin.
Dehors s’éplorent les folles fontaines
Qui virent mi-mort d’amour l’Enfant
Venu par les routes incertaines
Vers ce seuil du rêve triomphant,
N’ayant connu ni la magique épée
Que ne rouille pas le sang des fleurs,
Ni la parole de l’épopée
Par laquelle s’enfuit l’heure en pleurs,
Il s’agenouilla, très las, dans la poudre
De la route onverte à tous les pas
Où les chars font le bruit de la foudre
Et leurs sonnailles celui d’un glas.
Quelles flûtes se dirent, dans les roses,
La victoire du soir sur celui
Qui crut servir l’esprit et les choses
Du lendemain et de l’aujourd’hui ?
O pâle Enfant désireux des corolles,
Close longtemps est la porte d’or
Que seules descellent les paroles
De ceux qui veulent le vrai trésor.
Laisse-toi donc dormir hors de l’enceinte
Où chante le dernier rossignol ;
Sache croire que l’attente est sainte,
Et donne à tes seuls rêves leur vol.
Et peut-être enfin les portes de flamme
S’ouvriront-elles à ton appel
Sous l’aube où les fleurs, ayant une âme,
En feront sauter le triple scel.
(Stuart Merrill)
Cochonfucius said
Lierre sentencieux
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Dans l’existence, il faut que l’on s’accroche,
Disait-il quand nos murs il habillait ;
Et par endroits, même, il s’entortillait
Et s’incrustait sur la paroi de roche.
Il instruisait ses frères et ses proches,
À mieux pousser, toujours il les formait ;
Il le faisait, sauf quand il s’endormait,
Ce vert mentor sans peur et sans reproche.
Prenant l’avis de son cousin le houx,
Il préparait des messages pour nous ;
En l’écoutant, les fleurs furent pensives.
De l’imiter avions-nous le désir ?
Sur cette terre il est d’autres plaisirs
Que d’adopter une forme invasive.