Arbrealettres

Poésie

Petite chapelle (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Petite chapelle

Peuples du Christ, j’expose,
En un ostensoir lourd,
Ce coeur meurtri d’amour
Qu’un sang unique arrose.

Ardente apothéose,
Mille cierges autour
Palpitent nuit et jour
Dans une brume rose.

Ainsi que, jour et nuit,
Se lamentent vers lui,
Comme vers leur idole,

Les coeurs crevés venus
Pour ces maux inconnus
Dont rien, rien ne console.

(Jules Laforgue)

Illustration: ArbreaPhotos

3 Réponses vers “Petite chapelle (Jules Laforgue)”

  1. Chapelle de sable
    ————

    Je viens en ce saint lieu quérir l’isolement ,
    J’y trouve un réconfort, ce n’est pas un mensonge ;
    L’endroit semble abrité des ennuis qui nous rongent,
    Il me plaît d’y venir, ne fût-ce qu’un moment.

    Ne croyez point qu’alors en oraison je plonge,
    Je m’assois simplement, je médite et je songe ;
    J’entretiens des pensées qui dansent librement,
    Sans former un traité, ni le plan d’un roman.

    Nous savons bien qu’il n’est pas de sauveur suprême
    Et que bien trop souvent le monde est sans merci ;
    Bien des gens ont agi pour qu’il en soit ainsi.

    Mais laissons de côté, pour un temps, nos problèmes,
    Il n’est pas toujours temps de se mettre en souci,
    On doit trouver aussi un temps pour les poèmes.

    • Chapelle à tous les vents
      ————

      Ma porte n’est jamais fermée,
      Je ne crains pas les indiscrets ;
      Cierges d’espoir ou de regret,
      Leur flamme est ici consumée.

      Assis dans la nef embaumée,
      Un moine au monde se soustrait ;
      Il en oublie les faux attraits,
      Son âme n’est plus désarmée.

      Sous un vitrail haut en couleur,
      Il voit s’apaiser ses douleurs ;
      Il dit l’oraison coutumière.

      Il fredonne, il ferme les yeux,
      Il oublie la date et le lieu ;
      Il devient chercheur de lumière.

  2. Chapelle de Nulle Part
    ——–

    Sur le porche figure une inscription gothique,
    Un errant la déchiffre au soleil vespéral ;
    Il lui semble que c’est un précepte moral
    Issu probablement d’une sagesse antique.

    Le fantôme du lieu, fredonnant un cantique,
    Hante paisiblement ce décor minéral ;
    Il habita jadis auprès d’un littoral,
    Une rive propice aux rêves romantiques.

    Dans son nid, sur le mur, une hirondelle dort,
    En songe elle se croit une guivre aux yeux d’or ;
    Le vagabond s’éloigne, éclairé par la lune.

    Dans cette basse nef ne viennent que des morts ;
    Ils n’ont nullement l’air de déplorer leur sort,
    Le trépas fut pour eux la fin des infortunes.

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