Arbrealettres

Poésie

Les planètes s’arrêteront (Théophile de Viau)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (50)

Les planètes s’arrêteront,
Les éléments se mêleront
En cette admirable structure
Dont le ciel nous laisse jouir.
Ce qu’on voit, ce qu’on peut ouïr,
Passera comme une peinture :
L’impuissance de la nature
Laissera tout évanouir.

Celui qui formant le soleil
Arracha d’un profond sommeil
L’air et le feu, la terre et l’onde,
Renversera d’un coup de main
La demeure du genre humain
Et la base où le ciel se fonde :
Et ce grand désordre du monde
Peut-être arrivera demain.

(Théophile de Viau)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

3 Réponses vers “Les planètes s’arrêteront (Théophile de Viau)”

  1. Planète hostile
    ———-

    Plusieurs nations de fureur animées,
    Si tu l’éteins, cette flamme repart ;
    Noirceur partout, sagesse nulle part ;
    Monde perdu, planète mal aimée.

    Gens inégaux, minorités brimées,
    Pestiférés que l’on tient à l’écart ;
    Quand ça va mieux, c’est l’effet du hasard,
    J’entends le cri des foules opprimées.

    N’aborde point ces terres dangereuses,
    Car l’aventure en serait douloureuse ;
    Ce triste monde, il doit être évité.

    Or, si tu crois que ce sont là des fables,
    Détrompe-toi, la chose est véritable ;
    Garde-toi donc de ces calamités.

    • Planète Kassandra
      ———-

      Comme un soleil est sa lune qui luit,
      Une atmosphère étrange l’environne ;
      Cette planète ornée d’une couronne
      Reste éclairée tout au long de la nuit.

      Nul ne sait rien de ce qu’elle produit,
      Peut-être bien des fraises en automne ;
      Qui peut savoir à quoi les gens s’adonnent,
      Un fier désir peut-être les conduit.

      Dans leurs cours d’eau sont des anguilles vives,
      Quelque ondins se baignent dans la mer ;
      Des basilics patrouillent sur la rive.

      Leur noble roi tranche une mortadelle,
      Réconforté par un breuvage amer ;
      Dans le sous-sol rampent des hirondelles.

      • Planète invraisemblable
        ———-

        Les maîtres de ces lieux ont d’innombrables mains,
        C’est pour cueillir des fruits, mais les arbres sont rares ;
        De la récolte ils font divers alcools barbares,
        Ensuite, ils ont du mal à suivre leur chemin.

        Ces monstres, me dit-on, ne sont pas inhumains,
        Ils composent des vers, ils sont loin d’être avares ;
        De leurs petites nefs ils tiennent bon la barre,
        Ils ont enluminé cent mille parchemins.

        De l’immense univers ils dressent le cadastre,
        Sans oublier, surtout, leur planète et son astre ;
        Une de leurs années dure quarante jours.

        Ils voient mille couleurs au sein de la lumière ;
        Sinople, disent-ils, compte pour la première,
        La teinte du printemps, saison de leurs amours.

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