Arbrealettres

Poésie

UNE FORME NUE… (Alfred Jarry)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019



 

Margarita Sikorskaia - Tutt'Art@ (12)

UNE FORME NUE…

Une forme nue et qui tend les bras,
Qui désire et qui dit : Est-ce possible ?
Yeux illuminés de joie indicible,
— Qui peut, diamants, nombrer vos carats ?

Bras si las quand les étreintes les rompent,
Chair d’un autre corps pliée à mon gré,
Et grands yeux si francs, surtout quand ils trompent,
— Salez moins vos pleurs, car je les boirai.

Au frisson debout elle est, endormie,
Un cher oreiller en qui bat un coeur ;
Mais rien n’est plus doux que sa bouche amie,
Que sa bouche amie, et c’est le meilleur.

Nos bouches, formez une seule alcôve,
Comme on unit deux cages par leurs bouts
Pour célébrer un mariage fauve
Où nos langues sont l’épouse et l’époux.

Tel Adam qu’anime une double haleine
A son réveil trouve Eve à son côté
Mes sommeils enfuis, je découvre Hélène,
Vieux mais éternel nom de la beauté

[…]

(Alfred Jarry)

Illustration: Margarita Sikorskaia

2 Réponses vers “UNE FORME NUE… (Alfred Jarry)”

  1. Bastide du zérogame
    ———-

    Au fond de sa cellule un ermite lisait
    Les lettres de la Nonne à sa soeur Marguerite ;
    Elle y nommait l’évêque à l’immense mérite,
    Ayant bien retenu tout ce qu’il lui disait.

    Cette sainte lecture au ciel le conduisait,
    Son esprit n’étant plus abusé par des mythes ;
    Ensuite il traversait l’espace sans limites,
    En un heureux néant son coeur se réduisait.

    En le voyant ainsi, Lilith fut stupéfaite,
    Elle le crut l’égal des dieux et des prophètes
    Et demanda son nom, d’une petite voix.

    Prends garde à cette voix, je te le recommande,
    Adam aux temps lointains en eut la réprimande ;
    Puis encore après lui, des princes et des rois.

    ————————————–
    https://paysdepoesie.wordpress.com/2015/01/12/la-brune-nonne/
    ———————

  2. Oiseau des temps très anciens
    ————

    Je charme en son jardin l’impératrice Hélène,
    Quand elle y reste assise en buvant du vin blanc ;
    Je chante de beaux vers, non des choses vilaines,
    Je ne me permets point d’user de faux-semblants.

    Je connais, un par un, les arbres du domaine
    Et j’admire l’érable au feuillage sanglant ;
    J’accompagne souvent la servante romaine
    Qui garde les cochons lorsqu’ils mangent des glands.

    Hélène jadis fut d’un fier barde amoureuse,
    Qui pour une autre fit des rimes savoureuses
    Dont il ne sut tirer jamais aucun profit.

    Le rhapsode et l’oiseau ensemble font la fête,
    L’impératrice dit : Ce sont de braves bêtes.
    Ils en sont très heureux, ce verdict leur suffit.

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