Arbrealettres

Poésie

Au cri d’un navire en partance (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2019



Vaste comme l’appel des mers et des espaces
Où des mouettes frappant les flots,
Perdu comme la voix du navire qui passe
Sur les horizons sans écho,

Un navire en partance a jeté dans la rade
Un cri qu’il n’avait jamais eu,
Ouvrant parmi le ciel où le soir se dégrade
Tout un monde ailleurs inconnu.

Ce jour était un jour des chaudes colonies,
Un jour implacable et sanglant
Et je laissais tanguer ma lourde rêverie
Au bruit des flots, au bruit du vent.

Etais-je des Grieux en habit de naguère
Tenant entre ses bras Manon,
Alors qu’il s’enfuyait vers la rive étrangère,
Oubliant tout dans son pardon ?

Etais-je l’inconnu qui partait pour les îles,
Ainsi que l’on disait alors,
N’emportant avec lui que la vie inutile
Et les rêves de poudre d’or ?

Je connaissais les noms des agrès et des mâts,
Ces mots de la marine ancienne
Qu’on entendait sonner les jours de branle-bas
Et les jurons du capitaine.

On avait déployé les voiles de fortune
Après l’orage tropical,
Et le vent chantonnait, en haut, parmi les hunes,
Ûn vieil air du pays natal.

Ce ne fut qu’un instant de rêve sur le port,
Mais j’ai senti cette existence
Qui revenait en moi d’aussi loin que la mort
Au cri d’un navire en partance.

(Jean de la Ville de Mirmont)

 

2 Réponses vers “Au cri d’un navire en partance (Jean de la Ville de Mirmont)”

  1. Porte navale
    ———

    L’aventureux navire au péage s’arrête,
    Son passage est payé par un don sans valeur ;
    L’océan prend alors une vive couleur,
    À voguer vers ailleurs les matelots s’apprêtent.

    Nouvelles sont ces eaux sur la vieille planète,
    Je n’en sais presque rien, j’ignore leur saveur ;
    Je vois au ciel glisser des nuages rêveurs,
    Ou bien peut-être pas, l’image n’est pas nette.

    La route du vaisseau se décide à l’estime,
    Car nul ne sait vraiment quel est son but ultime ;
    La nef change de cap sous le noir firmament.

    C’est une embarcation, ce n’est pas un refuge ;
    Le capitaine agit sans aucun subterfuge,
    Regardant au lointain, avançant prudemment.

    • Nef léonine
      —–

      Sur l’Océan navigue une nef ignorée,
      Un fauve la dirige, il ne sait pas comment ;
      Il lui prit fantaisie d’embarquer brusquement,
      Sans doute en fut l’idée par un livre inspirée.

      Le vent porte la nef sans excès de tourments,
      La mer en ces endroits n’est jamais encombrée ;
      Le lion peut écouter sa sirène adorée
      Qui sur un noir rocher s’agite lentement.

      Des navires d’antan la trace est effacée,
      Mais c’est aussi le sort des humaines pensées ;
      Nous perdons chaque jour des fragments d’univers.

      Ne les recherchons point dans l’angoisse et la fièvre,
      Car la tortue jamais ne rejoindra le lièvre ;
      Le soleil reste bas, nous entrons dans l’hiver.

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