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Poésie

Archive for 6 août 2019

Qu’est-ce que le moi ? (Pascal)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2019



Qu’est-ce que le moi ?
Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants,
si je passe par là, puis-je dire qu’il s’est mis là pour me voir ?
Non ; car il ne pense pas à moi en particulier.

Mais celui qui aime quelqu’un à cause de sa beauté, l’aime-t-il ?
Non ; car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu’il ne l’aimera plus.

Et si on m’aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m’aime-t-on, moi ?
Non ; car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même.

Où est donc ce moi, s’il n’est ni dans le corps, ni dans l’âme ?
Et comment aimer le corps ou l’âme, sinon pour ces qualités qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu’elles sont périssables ?
Car aimerait-on la substance de l’âme d’une personne abstraitement,
et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste.

On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
Qu’on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices,
car on n’aime personne que pour des qualités empruntées.

(Pascal)

Illustration: Toshiyuki Enoki

 

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Il sait ton corps (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2019




Il sait
Ton corps,
Comment les molécules
Débouchent dans les pétales,
Dans ce qui vient trembler
Jusqu’au bord de tes yeux.

(Guillevic)

 Illustration: Marc Chagall

 

 

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C’est ici (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2019



 

 

C’est ici

Que tout dort mon cri.

(Guillevic)

 Illustration: Pascal Renoux

 

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Notre halte (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2019



Le répit
N’était pas pour nous.
Le mouvement
Est notre halte.

(Guillevic)

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Evasion (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2019



Evasion

Le vert du feuillage
Eclate d’un rire de jeunesse
Sur le bleu tendre du ciel
Et s’élève des roses
Un parfum de velours

Le matin glisse sans bruit
Je quitte la maison
Où mes désirs sont captifs
Pour respirer la joie
Au milieu des champs

J’écoute le rire des pierres
Sur les lèvres du chemin
Je croque à belles dents
Dans la chair du jour

Sous un ciel comblé
De nuages folâtres
Qui broutent la colline
La surface de l’étang
Reflète la paix
Des eaux profondes

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: ArbreaPhotos

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