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Poésie

Archive for 11 août 2019

Mon coeur (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



D’un claquement j’ai étiré la chemise
et tandis qu’elle sèche mon coeur au soleil
devient transparent de blancheur

(Tawara Machi)

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Je ne suis qu’un viveur lunaire… (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Franz Skarbina  Jules Laforgue

Je ne suis qu’un viveur lunaire
Qui fait des ronds dans les bassins,
Et cela, sans autre dessein
Que devenir un légendaire.

Retroussant d’un air de défi
Mes manches de mandarin pâle,
J’arrondis ma bouche et – j’exhale
Des conseils doux de Crucifix.

Ah ! oui, devenir légendaire,
Au seuil des siècles charlatans !
Mais où sont les Lunes d’antan ?
Et que Dieu n’est-il à refaire ?

(Jules Laforgue)

Illustration: Franz Skarbina

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Ah! laissez-moi crier, crier, crier (Sabine Sicaud)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Ah! laissez-moi crier, crier, crier …
Crier à m’arracher la gorge !
Crier comme une bête qu’on égorge,
Comme le fer martyrisé dans une forge,
Comme l’arbre mordu par les dents de la scie,
Comme un carreau sous le ciseau du vitrier ….

(Sabine Sicaud)

Illustration

 

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Soirs de fête (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Ernest Pignon-Ernest mn

 

Soirs de fête

Je suis la Gondole enfant chérie
Qui arrive à la fin de la fête,
Pour je ne sais quoi, par bouderie,
(Un soir trop beau me monte à la tête !)

Me voici déjà près de la digue ;
Mais la foule sotte et pavoisée,
Ah ! n’accourt pas à l’Enfant Prodigue !
Et danse, sans perdre une fusée….

Ah ! c’est comme ça, femmes volages !
C’est bien. je m’exile en ma gondole
(Si frêle !) aux mouettes, aux orages,
Vers les malheurs qu’on voit au Pôle !

– Et puis, j’attends sous une arche noire….
Mais nul ne vient; les lampions s’éteignent ;
Et je maudis la nuit et la gloire !
Et ce coeur qui veut qu’on me dédaigne !

(Jules Laforgue)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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St-Fulbert (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



St-Fulbert

La maison d’en face vient d’ouvrir
Ses persiennes et ses fenêtres
Aux vitres claires
La pauvre vieille prostituée
A fait toilette
Elle attend quelqu’un

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Louis Soutter

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Petits mystères (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



 

Petits mystères

Chut ! Oh ! ce soir, comme elle est près !
Vrai, je ne sais ce qu’elle pense,
Me ferait-elle des avances ?
Est-ce là le rayon qui fiance
Nos coeurs humains à son coeur frais ?

Par quels ennuis kilométriques
Mener ma silhouette encor,
Avant de prendre mon essor
Pour arrimer, veuf de tout corps,
A ses dortoirs madréporiques.

Mets de la Lune dans ton vin,
M’a dit sa moue cadenassée ;
Je ne bois que de l’eau glacée,
Et de sa seule panacée
Mes tissus qui stagnent ont faim.

Lune, consomme mon baptême,
Lave mes yeux de ton linceul ;
Qu’aux hommes, je sois ton filleul ;
Et pour nos compagnes, le seul
Qui les délivre d’elles-mêmes.

Lune, mise au ban du Progrès
Des populaces des Etoiles,
Volatilise-moi les moelles,
Que je t’arrive à pleines voiles,
Dolmen, Cyprès, Amen, au frais !

(Jules Laforgue)

 

 

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La poésie (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



La poésie n’est pas un genre littéraire parmi d’autres;
elle est le chant de l’origine
qui se dégage des silences et des cris de l’homme
en quête de son propre secret
en même temps que de l’Enigme de l’univers.

Ici, l’âme s’exprime au plus près de la transparence
dans l’éclat d’une illumination fugace
mais qui aspire follement à la durée.

A la fois chemin et cheminement vers l’Etre,
la poésie est une aventure extrême,
exigeante et périlleuse,
qui engage la totalité de l’individu.

Le poète est conçu, écrit, raturé, éternisé
ou gommé par son oeuvre:
il est un texte vivant, le poème de son poème.

(Marc Alyn)


Illustration: Odilon Redon

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Que je suis nu enfin! (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Que je suis nu enfin !
Aujourd’hui je donnerai voix aux tourterelles
A l’encens à la pierre et aux vertes saisons
Prêtez-moi jour objets de la lumière
Bien disposés sur une immense nuit sans fond
Pour la laver d’erreurs essentielles
Et qu’au milieu des villes criminelles
A la recherche des cavaliers blancs
J’erre
Moi faible et qui faiblis toujours du même flanc.

(Pierre-Jean Jouve)

 

 

 

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Figure de rêve (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Emilia Castañeda 1943 - Spanish painter -   (45) [1280x768]

 

Figure de rêve

Séquence

La très chère aux yeux clairs apparaît sous la lune,
Sous la lune éphémère et mère des beaux rêves.
La lumière bleuie par les brumes cendrait
D’une poussière aérienne
Son front fleuri d’étoiles, et sa légère chevelure
Flottait dans l’air derrière ses pas légers :
La chimère dormait au fond de ses prunelles.
Sur la chair nue et frêle de son cou
Les stellaires sourires d’un rosaire de perles
Étageaient les reflets de leurs pâles éclairs. Ses poignets
Avaient des bracelets tout pareils ; et sa tête,
La couronne incrustée des sept pierres mystiques
Dont les flammes transpercent le coeur comme des glaives,
Sous la lune éphémère et mère des beaux rêves.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Emilia Castañeda

 

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Que de chaque rencontre naisse un poème! (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Que de chaque rencontre naisse un poème!
Pour qui n’est infidèle ni bavard, peu de poèmes dans une vie entière.
Plus j’avancerai sur le chemin sans but,
sur la route de terre qui tout à coup débouche dans la nuit,
plus je vous bercerai en moi paroles et visages !

Il a suffit d’aller t’attendre.
Enfance du monde redevenue, ô mon enfance !
J’étais seule dans une rue, et toutes les choses et toi au loin vous m’entouriez.
L’écorce des platanes avait la couleur du pavé,
et les taches sur les troncs les mêmes contours que sur les pierres.

Les branches nues, peintes de la même pâleur que le ciel,
inscrivaient dans l’air des motifs si dépouillés et si patients que j’étais près des larmes et du sourire.
Un soleil blanc fit un trou là-haut et sur le fleuve un cercle scintillant.
A cet instant ton pas fut derrière moi.
Il avait le rythme de mon coeur.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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