Arbrealettres

Poésie

Archive for 14 août 2019

Peut-être l’amour (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2019



De ta main gauche chacun de mes doigts
un à un tu les cherches et ce geste même
est peut-être l’amour

(Tawara Machi)


Illustration: Rodin

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Tous les pays qui n’ont plus de légende (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2019



Tous les pays qui n’ont plus de légende
Seront condamnés à mourir de froid…

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration

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Fin (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2019



Regards rivés au même objet
Mais pour toi comme pour moi je ne sais quoi
prenait fin en ce début d’après-midi

(Tawara Machi)

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Grande tristesse d’aimer (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2019



Grande tristesse d’aimer
en ce mois de décembre! A tous les Jingle Bells
mon coeur se ferme

(Tawara Machi)

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Sonnet (René Ghil)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2019



 

Dao Hai Phong     phong-two-trees

Sonnet

Ma Triste, les oiseaux de rire
Même l’été ne voient pas
Au Mutisme de morts de glas
Qui vint aux grands rameaux élire

Tragique d’un passé d’empire
Un seul néant dans les amas
Plus ne songeant au vain soulas
Vers qui la ramille soupire.

Sous les hauts dômes végétants
Tous les sanglots sans ors d’étangs
Veillent privés d’orgueils de houle

Tandis que derrière leur soir
Un souvenir de Train qui roule
Au loin propage l’inespoir.

(René Ghil)

Illustration: Dao Hai Phong

 

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Au temps de la mort des marjolaines (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2019



 

Au temps de la mort des marjolaines,
Alors que bourdonne ton léger
Rouet, tu me fais, les soirs, songer
A tes aïeules les châtelaines.

Tes doigts sont fluets comme les leurs
Qui dévidaient les fuseaux fragiles.
Que files-tu, soeur, en ces vigiles,
Où tu chantes d’heurs et de malheurs ?

Seraient-ce des linceuls pour tes rêves
D’amour, morts en la saison des pleurs
D’avoir vu mourir toutes les fleurs
Qui parfumèrent les heures brèves ?

Oh ! le geste fatal de tes mains
Pâles, quand je parle de ces choses,
De tes mains qui bénirent les roses
En nos jours d’amour sans lendemains !

C’est le vent d’automne dans l’allée,
Soeur, écoute, et la chute sur l’eau
Des feuilles du saule et du bouleau,
Et c’est le givre dans la vallée.

Dénoue – il est l’heure – tes cheveux
Plus blonds que le chanvre que tu files ;
L’ombre où se tendent nos mains débiles
Est propice au murmure des voeux.

Et viens, pareille à ces châtelaines
Dolentes à qui tu fais songer,
Dans le silence où meurt ton léger
Rouet, ô ma soeur des marjolaines !

(Stuart Merrill)

Illustration: Gustave Courbet

 

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