Arbrealettres

Poésie

CHANT DES OBSCURS (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo 657

CHANT DES OBSCURS

N’oubliez pas surtout les solitaires
Avec leurs fronts et leurs poings dédaignés.
Quand s’accomplit la folle cavalcade,
On les retrouve aux pieds de vos chevaux.

Il fut la joie. Il n’est plus que ravines,
Rides sans eau pour en faire des fleuves,
Et sans rameurs, sans rêves navigables,
Même le temps ne les reconnaît plus.

Cet amoureux enchâssant une perle
Dans un poème et croyant qu’une aurore
Se lèverait sur son geste magique :
L’autre la prit pour orner sa cravate.

Et celui-là qui jetait des fleurettes
Sur les tombeaux des enfants inconnus.
Le poing s’ouvrant pour demander l’aumône
S’est refermé sur des ronces cruelles.

Tout l’or du temps, tout l’ambre, tout le sable
Pour ces obscurs. Un flacon d’amour pur
Pour enivrer leur chaste souvenir,
Et pour leur mort un silence de vie.

(Robert Sabatier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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