Arbrealettres

Poésie

La pauvre fleur disait au papillon céleste (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2019



 

La pauvre fleur disait au papillon céleste:
Ne fuis pas !

Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
Tu t’en vas !

Et Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
Et loin d’eux,

Et nous nous ressemblons, et l’on dit que nous sommes
Fleurs tous deux !

Mais, hélas ! l’air t’emporte et la terre m’enchaîne.
Sort cruel !

Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
Dans le ciel !

Mais non, tu vas trop loin ! – Parmi des fleurs sans nombre
Vous fuyez,

Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
A mes pieds.

Tu fuis, puis tu reviens ; puis tu t’en vas encore
Luire ailleurs.

Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
Toute en pleurs !

Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles,
Ô mon roi,

Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
Comme à toi !

Roses et papillons, la tombe nous rassemble
Tôt ou tard.

Pourquoi l’attendre, dis ? Veux-tu pas vivre ensemble
Quelque part ?

Quelque part dans les airs, si c’est là que se berce
Ton essor !

Aux champs, si c’est aux champs que ton calice verse
Son trésor !

Où tu voudras ! qu’importe ! oui, que tu sois haleine
Ou couleur,

Papillon rayonnant, corolle à demi pleine,
Aile ou fleur !

Vivre ensemble, d’abord ! c’est le bien nécessaire
Et réel !

Après on peut choisir au hasard,
ou la terre Ou le ciel !

(Victor Hugo)

Illustration

 

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