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Poésie

Archive for 13 octobre 2019

Le pur amour (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



Pourtant, l’amour, le pur amour est beau
Et digne d’acceptation. Le feu est vif,
Que brûle le temple ou le lin. Un même éclat
Bondit dans la flamme du cèdre ou du foin.
Et l’amour est feu; et lorsque je dis
Je t’aime… note! Je t’aime! … en ton regard
Je me tiens transfigurée, glorifiée,
Consciente des rayons qui irradient
De mon visage vers le tien. Rien n’est bas
Dans l’amour le plus bas: Dieu accepte
L’amour des plus humbles créatures.
Et ce que je sens, parmi les moindres traits
De ce que je suis , brille en soi, et montre
Comme l’œuvre d’Amour parfait la Nature.

(Elizabeth Browning)

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La vraie richesse (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



 

Jacek Yerka - (55) [1280x768]

La vraie richesse

C’est la maison la plus pauvre,
l’herbe pousse sur le toit,
un arbre épris de ses pierres
les caresse du bout des doigts.

Qui frappe ? Entrez, soleil !
La nuit vient de s’envoler,
sur le miroir une abeille
pose une goutte de rosée.

Dans la plus pauvre demeure,
un or brille nuit et jour
pourvu que règne l’amour
des mots de toutes les couleurs.

(Jean Joubert)

Illustration: Jacek Yerka

 

 

 

 

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Que ne suis-je un oiseau des îles (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019


 


 

Tracey Allyn Greene Free-Spirit

Que ne suis-je un oiseau des îles,
un chimpanzé, un crocodile ?
A la rigueur serpent de mer
mais je ne suis que Mortimer.

(Jean Joubert)

Illustration: Tracey Allyn Greene

 

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Adolescence (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



 

Rockwell Kent  23 [1280x768]

Adolescence

Je me souviens du temps où j´étais un poète
Je filais dans le vent sur ma motocyclette
Ma guitare sur le dos
Et la tête pleine de mots
Je m´arrêtais parfois pour cueillir une fleur
Pour cueillir une fille sur le bord d´un chemin
Ou bien lorsqu´il y avait une panne à mon moteur
Et puis je repartais un peu plus loin
Soleil ou mauvais temps c´était toujours la fête
Je dormais dans les champs parmi les pâquerettes
Me lavais dans le ruisseau
En écoutant les oiseaux
Je volais quelques fruits et c´était un festin
Le vin rouge était rare mais l´ivresse était là
Je ne mourais jamais ni de soif ni de faim
Et je ne faisais rien de mes dix doigts

Et puis de temps en temps je chantais à tue-tête
Quand ça plaisait aux gens je leur faisais la quête
Ça ne rapportait pas lourd
Mais c´était bien assez pour
Pour aller boire un verre avec tous les copains
Les amis de toujours de tous les continents
Tous les gitans tous les nomades musiciens
Et tous ceux qui vivaient de l´air du temps

Je me rappelle ce temps où j´étais un poète
J´étais adolescent ni ange ni trop bête
Ce temps-là est révolu
Je ne le reverrai plus
Et s´il m´arrive de croiser sur mon chemin
Un de ceux qui ressemblent à celui que je fus
Je lui fais un salut un signe de la main
C´est mon adolescence que je salue

Je lui fais un salut un signe de la main
Ou bien je fais semblant de ne l´avoir pas vu

(Georges Moustaki)

Illustration: Rockwell Kent

 

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Bahia (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



Bahia

Bahia

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador

C´est là qu´un beau jour a commencé le Brésil
Et sa première capitale
C´est là que l´Afrique vit encore en exil
Et parle la langue du Portugal

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador

C´est là que les hommes savent encore se battre
A pieds nus ou à mains nues ou au couteau
Pour les beaux yeux d´une jolie mulâtre
Au risque d´y laisser la peau

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador

J´ai écouté chanter les fils de Gandhi
J´ai vu danser les filles de Xango
C´est là que j´ai retrouvé le paradis
Du côté de chez Jorge Amado

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador

Comme ma chanson n´était pas terminée
Je l´ai emportée avec moi
Je reviendrai un jour te la fredonner
Sur la plage d´Itapoa

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador…

(Georges Moustaki)

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Une plume de la lune (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



 

Une plume de la lune
lutine le ver qui luit
elle allume pour chacune
la lunule brune et fuit.
Avec l’ut du luth tu luttes
pure lune sans appui
et les flûtes que vous fûtes,
roseaux, annulent l’ennui.

(Géo Libbrecht)

 

 

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Entre nous (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019


 


Bogdan Prystrom 1200

 

Entre nous, l’espace des fourmis et du sable,
L’horizon rétractile des rêves,
Leurs paniques vertigineuses,l’espace d’une main à la main qui se glace,
D’une bouche à la bouche oublieuse du rire,
L’immense froid qui vêt nos deux corps en exil.

(Jean Joubert)

Illustration: Bogdan Prystrom

 

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La flamme (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



 

Alla Goniodsky (28)

La flamme

Petits enfants de la terre,
il faut apprendre à rêver
pour que brûle sur vos paupières
une flamme de liberté :
oiseau de feu, de clarté
qui s’envole, enchante l’air
et fait le tour de la terre.

(Jean Joubert)

Illustration: Alla Goniodsky

 

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Parce que tu as froid (Sabine Sicaud)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



 

David Alfaro Siqueiros enough-1961

Parce que tu as froid, ce soir,
Ne nie pas le soleil

(Sabine Sicaud)

Illustration: David Alfaro Siqueiros

 

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Si tu dois m’aimer, que ce soit pour rien (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



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Si tu dois m’aimer, que ce soit pour rien
Sinon pour l’amour en soi. Ne dis pas
« Je l’aime pour son sourire … son allure … sa façon
De parler si douce … sa finesse de pensée
Qui convient à la mienne, et suscita
Tel jour un bien-être fugitif et charmant –
Car ces choses en elles-mêmes, Aimé, peuvent
Changer, ou changer pour toi – et l’amour
Ainsi construit peut être ainsi détruit.
Ne m’aime pas par pitié pour mes larmes –
Qui jouit longtemps de ton soutien pourrait
Sécher ses pleurs, et perdre ton amour!
Mais aime-moi pour l’amour en soi, pour
Qu’à jamais tu m’aimes, d’un amour sans fin.

(Elizabeth Browning)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

 

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