Arbrealettres

Poésie

Rondeau des cygnes d’Angleterre (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2020



Illustration 
    
Rondeau des cygnes d’Angleterre

Les beaux cygnes d’Angleterre
Des grands parcs et des rivières
Appartiennent à la Reine
C’est eux qui portent sa traîne
Au palais de Westminster

Ils ont l’air noble et sévère
Un long cou blanc comme laine
Ou neige ou d’un noir d’ébène
Les beaux cygnes d’Angleterre

Si on leur parle ils ne prennent
De répondre pas la peine
Tout le monde doit se taire
Et c’est pourquoi je préfère
Les oies qui veillent Big Ben
Aux beaux cygnes d’Angleterre

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

3 Réponses vers “Rondeau des cygnes d’Angleterre (Jacques Roubaud)”

  1. Épanouissement
    ———-

    Quand un canard bizarre en beau cygne se change,
    Il doit, à grands efforts, assumer son destin ;
    Porteur d’un feu vivant qui jamais ne s’éteint,
    Son coeur ne craindra rien, malgré ce sort étrange.

    Il est devenu grand sans devenir un ange,
    Cette métamorphose, Andersen la dépeint ;
    Il n’abandonne pas les canards, ses copains,
    Lui qui bien volontiers les mêmes poissons mange.

    Ayant la même joie et la même douleur,
    Ils n’ont aucun besoin d’avoir même couleur ;
    Nullement l’un d’entre eux les autres ne réprouve.

    Même avec le corbeau qui peut sembler noirci,
    Un vrai terrain d’entente au fil des jours ils trouvent ;
    La diversité règne, et c’est fort bien ainsi.

    • Ambicygne imperceptible
      ————

      À peine si mon corps réfléchit la lumière,
      D’être un oiseau discret je peux bien me vanter ;
      On m’a pris quelquefois pour un monstre inventé
      Au-dessus d’un comptoir par un buveur de bière.

      J’aime arpenter la friche et contempler le lierre,
      C’est un végétal noble et que nul n’a planté ;
      Lilith au temps jadis buvait à sa santé,
      Elle dont un vent tiède emporta la poussière.

      J’ai pris pour compagnons des animaux rustiques
      Qui ne tiennent jamais de propos sarcastiques ;
      Je bavarde avec eux dans le couchant vermeil.

      Pas un seul d’entre nous n’est un cracheur de flammes,
      Mais dans la paix du coeur et le repos de l’âme,
      Nous attendons l’aurore et n’avons pas sommeil.

  2. Splendeur d’un emblème
    ——–

    Sur la noble bannière un cygne est imprimé,
    Beau regard à l’avant, belle poupe à l’arrière ;
    Cet oiseau ne craint point de franchir les barrières
    Pour aller caresser le corps d’un être aimé.

    Souvent fut le désir dans son coeur allumé
    Par une douce amante aux grands yeux de lumière ;
    Celle du temps présent, c’est toujours la première,
    Par qui depuis longtemps sont ses jours animés.

    Ce cygne est le seigneur de la mare sereine,
    Qui jamais n’envia la condition humaine ;
    Il préfère de loin vivre avec ses pareils.

    Les vaillants chevaliers qui l’ont pris pour insigne
    (De cet honneur, sans doute, il leur a paru digne)
    Baignent leur étendard aux rayons du soleil.

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