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Poésie

Archive for 29 février 2020

Traverse d’un cri mon cerveau (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2020



 

Traverse d’un cri mon cerveau, hirondelle aux quatre douleurs
C’est aujourd’hui le plus ancien printemps
Dans le ciel gris la croix grise du couvent
Et la tempête a métamorphosé les verdures.

(Pierre Jean Jouve)

Illustration

 

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La guerre le vin le tabac les femmes (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2020



 

Heffernan     [1280x768]

La guerre le vin le tabac les femmes
Le plaisir les hommes la guerre l’argent
Les femmes le plaisir les hommes les perles
Les affaires l’or le vin
le soleil discordant.

(Pierre Jean Jouve)

Illustration: Julie Heffernan

 

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DES SALLES INVISIBLES (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2020



 

Otto Dix   3

DES SALLES INVISIBLES

Des salles invisibles
Retentit le rire;
Comme malade,
Je suis étendu sur le sol.

Dans le sol je suis incarcéré.
Hélas! songes, oit êtes-vous ?
Oh! en mon coeur
La mort est arrivée.

Dans mon pas
Chante la Mort,
Au fond de l’âme incarcéré,
Je suis le frère du nuage.

Le nuage est gris
Et il rayonne dans le désert,
Dans l’âme retentit :
Tu n’es plus en vie.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Otto Dix 

 

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Le plus beau Jeu du Seul (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2020



Sarolta Bán x620

Le plus beau Jeu du Seul,
être celui qui chante

(Patrice de La Tour du Pin)

Illustration: Sarolta Bán

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Sans eau (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2020



On dit que c’est rien
C’est de l’eau
Et pourtant
Sans eau
Où mettrait-on tous les poissons

(Pierre Albert-Birot)

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Parmi les âmes vagabondes (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2020



 

Sarolta Bán Player

Le désir naît de voir le monde
Inimaginable des morts;
Je suis demeuré sur ses bords
Parmi les âmes vagabondes.

(Patrice de La Tour du Pin)

Illustration: Sarolta Bán

 

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Si l’on traduit en mort (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2020



 

Giovanni Segantini segantini the punisment of lust via johnwilliamwaterhouse.org [1280x768] [1280x768]

Si l’on traduit en mort,
il n’est plus de problème

(Patrice de La Tour du Pin)

Illustration: Giovanni Segantini

 

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La Poésie (André Gide)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2020


art_et_culturelescaleINT

La Poésie est comparable
à ce génie des Nuits arabes qui,
traqué, prend tour à tour
les apparences les plus diverses
afin d’éluder la prise,
tantôt flamme et
tantôt murmure,
tantôt poisson,
tantôt oiseau…

(André Gide)

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MARÉE BASSE (José Emilio Pacheco)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2020




MARÉE BASSE

Comme les poissons morts que la marée abandonne
le reflux
de la mémoire extirpe de la pourriture
des lieux des visages des dates des voix des parfums

Son éclat devient opacité
Le passé
est un aquarium
une prison pleine de fantômes

***

MAREA BAJA

Comoslos peces muertos que la marea abandona
el reflujo
de la memoria saca a la podredumbre
lugares rostros fechas voces aromas

Su resplandor se vuelve opacidad
El pasado
es un acuario
una prisión de fantasmas

(José Emilio Pacheco)

Illustration: ArbreaPhotos

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« Quelle sorte de chose est mon esprit ? « (Chang Sha)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2020




Un moine demanda à Chang Sha: « Quelle sorte de
chose est mon esprit ?  »
Chang Sha : « L’univers entier est ton esprit »
Le moine :  » Si c’était le cas, je n’aurais pas d’endroit
où me mettre « .
Chang Sha:  » Bien au contraire, c’est justement
l’endroit où te mettre. »
Le moine :  » Quel est donc cet endroit où me mettre ? »
Chang Sha :  » Un immense océan ! L’eau est profonde,
insondablement profonde ! »
Le moine :  » Cela dépasse mon entendement. »
Chang Sha : « Vois les poissons, énormes ou tout petits,
s’ébattre en tous sens, comme ils veulent !  »

(Chang Sha)

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