Arbrealettres

Poésie

Défense de stationner (Armand Monjo)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



aimer

 

Ne cesse pas mon oeil de regarder

Le temps d’un cil qui bat
et les fleurs sont passées
les filles se font femmes
et les pommes pourrissent

Ne cesse pas ma main de caresser

Un rien d’inattention
et la beauté se fripe
le rat saigne l’oiseau
la volupté se fane
le soleil a déteint

Ne cesse pas ma bouche de crier

Le silence a du sang
aux pointes de ses lances
au loin la forêt hurle
et les bourreaux transpirent

La mer évaporée
les poissons éclatés
tous les dés sont jetés
dans un chaudron de braise

Ne cesse pas d’aimer

(Armand Monjo)

 

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