Arbrealettres

Poésie

A l’Ondine (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



 

A l’Ondine

Je te prendrai dans l’émotion des landes
muettement tu embrasseras ma terre
Je te prendrai dans la clarté des fontaines
avidement je te boirai
Tu portes mes amours mauves
dans la source des prunelles
écoute
les ajoncs et les plantes
vont chanter pour nous deux
la nuit fertile, la plage fraternelle
Nous referons cette Cornouaille mortelle
secrètement
dans le lit des hautes herbes
je te prendrai dans la grange verte
et ton corps aux semences mélangé
concevra tout un pays de fougères
et de genêts.
Ma belle amie sur la grève allongée
comme moi désire la mer
laisse-toi chavirer sous le vent des navires

(Xavier Grall)

Découvert chez Lara ici

Illustration: William Bouguereau

 

Une Réponse vers “A l’Ondine (Xavier Grall)”

  1. (1) Nef hautement précaire
    ———-

    Cette nef sans mâture emporte les défunts,
    Qui sait vers quel endroit, vers l’antre des murènes ?
    Vers l’île de Thulé, dont aimable est la reine ?
    Vers la Rive de Nacre, aux fabuleux parfums ?

    Contournant les récifs qu’arrosent les embruns,
    Le modeste vaisseau suit sa route sereine ;
    Il est, en maints endroits, guidé par les sirènes
    Ou par un bel ondin aux charmants cheveux bruns.

    Que demander de plus, du moment qu’elle flotte
    Et que le timonier toujours reste en éveil,
    Et qu’il observe aussi la lune et le soleil ?

    Neptune peut souvent leur servir de pilote,
    Il sait les préserver de cent démons retors,
    Assisté par Protée, un aimable mentor.

    (2) Sagesse du lierre
    ——-

    Le lierre est le linceul des grands arbres défunts ;
    Non pas blanc, mais brillant d’une verdeur pérenne ;
    Il monte également aux murs de Bourg-la-Reine
    Où les vents franciliens apportent leurs parfums,

    Les grands menhirs bretons que baignent les embruns
    Et les manoirs de Loire à la pierre sereine ;
    Il servit de costume aux antiques sirènes
    Qui de sa verte feuille ornaient leurs cheveux bruns.

    Aux donjons de jadis où nos étendards flottent
    il est, pour le présent, un habit sans pareil,
    Une armure de paix, reflétant le soleil ;

    Aux murailles de Sparte où trimaient les ilotes,
    Ou, sur l’écu ducal qui brille de ses ors,
    Qui dans sa langue dit : ce qui est souple est fort.

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