Arbrealettres

Poésie

SONNET MADRIGAL (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



 

Anne-Marie Zilberman (28)

SONNET MADRIGAL

J’ai voulu des jardins pleins de roses fleuries,
J’ai rêvé de l’Eden aux vivantes féeries,
De lacs bleus, d’horizons aux tons de pierreries;
Mais je ne veux plus rien; il suffit que tu ries.

Car. roses et muguets, tes lèvres et tes dents
Plus que l’Éden, sont but de désirs imprudents,
Et tes yeux sont des lacs de saphirs, et dedans
S’ouvrent des horizons sans fin, des cieux ardents.

Corps musqués sous la gaze où l’or lamé s’étale,
Nefs, haschisch… j’ai rêvé l’ivresse orientale,
Et mon rêve s’incarne en ta beauté fatale.

Car, plus encor qu’en mes plus fantastiques vœux,
J’ai trouvé de parfums dans l’or de tes cheveux,
D’ivresse à m’entourer de tes beaux bras nerveux.

(Charles Cros)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

2 Réponses vers “SONNET MADRIGAL (Charles Cros)”

  1. La main du chevalier
    ——————-

    Cette main qui portait une branche fleurie
    S’empare d’une épée, ce n’est guère prudent ;
    Mais tel est le vouloir du chevalier ardent,
    Et son ange gardien ne veut pas qu’on en rie.

    S’affrontant pour le coeur de la reine Marie,
    Deux seigneurs sont en lice, et malheur au perdant ;
    Du clair soleil déjà proche de l’Occident
    Sont bientôt la lumière et la force taries.

    Entraînés sans merci vers une issue fatale,
    Ces hommes sont guidés par leur âme brutale ;
    La reine les contemple avec des yeux cléments.

    Elle voit ces héros qui leur vigueur étalent,
    Et leur folle vaillance, et leur pulsion vitale ;
    Elle les aime bien, ceux-là, décidément.

  2. Branche toujours en fleur
    ———————

    L’hiver est déjà là, mais la branche est fleurie,
    Quelle en est la raison? ce n’est pas évident.
    C’est un plaisir de voir ces pétales ardents
    Au contour délicat, comme une broderie.

    Les jours suivent les jours et la saison varie,
    Et la vie au jardin continue, cependant ;
    Le vieux pommier médite et se souvient d’Adam,
    Dont ne sont la vigueur ni les forces taries.

    Pour cette branche aussi viendra l’issue fatale,
    La chose ne sera pas forcément brutale ;
    Cet univers, parfois, peut se montrer clément.

    Cette branche au soleil ses belles fleurs étale,
    Nous démontrant ainsi son audace vitale,
    Ce que ces quelques vers décrivent sobrement.

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